‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 40 sur 205 · LIVRE lit. Sj · texte numérisé non relu

LIVRE lit. Sj

Quel moment pour la jeune fille ! Tous les regards sont fixés sur elle; seule, elle n'ose lever les siens : moins belle apparut Arniide au milieu du camp des Croisés. Assise au banquet près du comte de JNorindall, Elodie garde le silence. Pour la première fois Ecbert contemple une jeune ])eauté, sans chercher à s'attirer son attention. Les chevaliers observent leur chef. Ya-t-il enfin connaître l'amour ? Les charmes de l'orphehne ont paru l'étonner, mais près d'elle , aucune émotion ne s'est manifestée sur ses traits. Sa bouche est muette, il semble réfléchir. On dirait qu'en secret, interrogeant son cœur, il lui demande si le moment d'aimer est ariivé.

Elodie hasarde enfin un regard timide sur la brillante assemblée qui l'environne. Quelle nouvelle scènepour elle !.. Ces chevaliers si beaux de vaillance et de jeunesse , ces armures étincelantes , ces panaches élevés , l'éclat de mille Ham-

beaux , cette admiration qu'elle inspii'e à des lie'ros qui, compares aux montagnards, lui paraissent des demi -dieux, tout, en un instant, a confondu ses pensées , ébloui sa vue , et bouleversé son âme.

— « Si jeune et si belle, lui dit alors » le comte de rSorindall, cp.ioi! seule en » ce monastère !» La voix mâle et sonore du chef des guerriers a troublé Torplieline j son regard a rencontié celui d'Ecbert, elle rougit : — «En ce monastère, » répond-elle , je ne suis point seule : fille » adoptive d'Herstall, auprès de lui je » vis heureuse. » — ce Et vos jours pai- » siljles y coulent sans ennui? »... — a De »l'emuû! comment en éprouverais-je!

» tous mes instans sont occupés; et je )) ne désire , n'attends ni ne regrette » les plaisirs. » — ce Mais, vous n'avez » rien connu , s'écrie Ecbert. » — ce Esty> ce donc un bonheur de comiaître!

» répond naïvement l'orpheline. »

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