LIVRE iir. q
>) mords!.... Mais que dls-ie ! dois-je )) clierclier à comprendre ce que tu pen- )) ses et ce que tu peux être, moi, qui )) ne puis comprendre encore ce que j'é- )) prouve et ce que je suis î »
La vierge d'Underlach , à ces mots , prête l'oreille à la voix du torrent ; il semble lui porter une pensée mélancolif[ue du vallon, une plainte en harmonie avec les sensations de son âme...
Elodie se rappelle que son luth est resté suspendu à l'arcade du pont; elle a refermé sa croisée solitaire; et bientôt a retrouvé sur sa couche virginale la paix et le sommeil de l'innocence.
L'astre du jour venait de s'élancer radieux du palais de l'aurore. Tout dorm;iit dans le monastère. La fille de Saint- Maur se lève, et, suivie de la mère Ursule , se rend à la rive déserte , où elle espère retrouver son luth. Le temps était çerein. Les jiéphirs seuls se jouaient cntr«
g4 LE SOLITAIRE.
les arbiisseaux de la vallée. Elodie est presque arrivée au pont; tout à eoup elle s'arrête... Quel objet a frappé ses regards ! Cachée au fond d'un bosquet, derrière un épais feuillage , l'orpheline est demeurée immobile.
Au bord du torrent, à la place même où la veille Elodie chanta le retour du printemps , un montagnard tient le luth oublié, et vient d'en tirer les sons les plus mélodieux. Debout, appuyé contre im sapin , un instant il interrompt ses doux accords. Son costume est celui des chasseurs de la montagne. A ses pieds est son arc dont la corde est détendue. Un chevreuil mort que traverse de part en part une flèche sanglante , est non loin couché sur le gazon. Tel que ces Scythes vaillans qui , sortis des antres du iSord , parurent aux peuples du Midi les rois terril^les de la guerre , le montagnard , Apollon sauvage , semble le cheu de la forêt. Sa taille majestueuse