‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 43 sur 205 · LIVRE irr. Ç)S · texte numérisé non relu

LIVRE irr. Ç)S

s'élève sur la nve comme le cètire altier sur le Liban. Ses meml^res nerveux , sa foi'ce redoutable annoncent l'athlète né pour les combats, l'Alcide accoutumé à la victoire. Si la rage et le délire s'emparaient de son âme, nul doute qu'il ne put renouveler les gigantesques fm^eurs de Roland; mais le calme règne sur ses traits j sa voix sonore se marie aux divins accords de sa lyre, et la nature avec ravissement semble écouter ce nouvel Orphée.

O surprise ! le même air chanté la veille par Elodie est répété par le montagnard. Ce sont presque les mêmes mots, les mêmes expressions, les mêmes paroles que l'ait entendre le chasseur 4 et cependant quel sens dilFérent !... La vierge d'Lnderlacli écoute, et ne peut en croire son oreille.

« Piinieiiips, réveil de la nnturc ,

» Avec iransporl plus ne te voi

J) Aurore! cnclutnle ràiiiepurcj

» Il n'est plus de beaux jours pour moi.

« Appui divin , douce cspi'rance, a; Porte cntr'ouvertc sur les cieux , * Tu ne saurais charnier mes yeux , « Tu ne peux rendre.... rinaoceace.

* De la vertu j\ii sur la terre

'» Implore le puissant secours....

» J'ai vu sa céleste lumière

i> Briller au printemps de mes jours....

') Des naufrages de l'esistenec » Qui plus que moi connut l'horreur!

» Mais helas ! l'honiiue du malheur :» K'en a pu sauver.... rionocencc. m

A ces derniers accens , la voix dû montagnard mélantîolique et plaintive s'exhale au milieu des rochers déserts , comme le chant solennel de l'esprit du repentir au séjour des expiations. Un froid mortel a soudain glacé les membres d'Elodle. 11 lui semble (ju'un bandeau fatal serre douloureusement son front, et qu'une masse de plomb est tombée sur son coeur. Le chasseur de la montagne avait levé ses yeux vers le ciel; la fille de l'abbaye venait de reconnaître

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