LIVRE ni
ce regard... ce regard sublime, dont l'image inelFacable était gravée au fond de son âme. Aux dernières clartés du jour, elle n'avait pu qu'entrevoir les traits mâles de l'inconnu de la chapelle j aux premiers rayons de l'aurore, elle les retrouve et les contemple avec admiration.
Jamais beauté plus parfaite ne fut le partage d'un mortel. Mais , pourquoi l'expression de la souOVance et du désespoir couvre-t-elle de ses ombres funestes le noble front du Solitaire?... pourquoi ces amers souvenirs du passé?., pourquoi ces lugubres chants du remords?... O douce vierge de la vallée ! belle comme la compagne du premier homme, pure comme la première pnère de l'enfance, éloignetoi!... Hélas! c'en est fait de la rose quand ra(|uJlon souille sur elle.
Le beau chasseur de la montagne rattache le luth à l'arche du toirent : il relève son chevreuil qu'il jette négligemment sur ses épaules et qu'il suspend T.l. ^'édit 9
gS LE SOLITAIRE.
SOUS son carquois : semblable au fameux INemrorl , il a repns son arc; et, s'éloignant de la rive , il laisse échapper un long gémissement ds sa poitrine oppressée. A pas précipités il traverse le pont, gravit le sentier de la montagne, et disparaît à travers les sapins.
11 est déjà loin. Elodie a recouvré le mouvement; elle vole à l'arcade solitaire, et se ressaisit de sa lyre. Ursule, interdite, étonnée, ne sachant que penser du chantre inconnu , hasarde quelques questions ; mais l'orpheline , entièrement troublée, ne l'entend ni ne lui répond. Elle a repris la route du prieuré; la chaumière de Marceline vient s'offrir à sa vue : involontairement elle y conduit ses pas ; là , sous ce toit rustique , il n'est parlé que du Solitaire,
L'enthousiaste ]VIarcehne aperçoit la nièce d'Herstill , et vole à sa rencontre. — « Venez , ange du monastère , dit- » elle , venez ! que n'ai-je point à vous