LIVRE IV
au salon de l'abbaye, et ne descend pKis dans les jardins.
Le baron d'Herstall a fait appeler sa nièce. Il est seul : Ecbert vient de le (juitter. Le vieillard accueille l'orpheline avec sa tendresse accoutumée; et, d'une voix solennelle, lui adresse ce discours.
— (c Ecoute-moi, chère Elodie, et » garde-toi de m'interrompre. Aux jours )) heureux de mon printemps, j'osai de- )) mander au Ciel une carrière prolongée. )) Hélas! j'étais loin de songer que c'é- )) tait solliciter une longue agonie. O mon )) Iréna, fille adorée! ma véritable vie » a fini avec la tienne; ton père, ombre » à peine animée , tout à toi par la pensée, )) ne t'asurvécuqu'auxyeux des hommes.
» Je le sens, le terme de mes maux )) est arrivé : bientôt j'irai rejoindre, je » l'espère , celle qu'im funeste météore )) en passant sur la terre a dévorée. O » ma nièce! toi seule, ici-bas, amais
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)> réussi à calmer mes regrets amers , sï y) les consolations eussent pu descendre )) dans mon âme; mais comme la lionne j) désespérée , qui , poursuivie par le )) chasseur fai^ouclie , fut témoin du mas- )) sacre de son deniier lionceau , j'ai vu "» l'homme féroce m' arracher l'être chéri x> qui seul channait mon existence; et )5 sur la cendre d'Iréna , quiconque eût )) voulu essayer d'adoucir ma souffrance, K) m'eût paru insulter à mon infortune.
» Elodie, faible roseau du rivage dé-* y> sert, je tremblais que , moi disparu , la )) tempête ne renversât aussi ta faible )) tige. Mais un protecteur puissant se » présente, et s'offre de remplacer le )) vieillard prêt à disparaître. Accepte le yt noble appui que l'Eternel semble t'en- )) voyer; et nulle inquiétude ne viendra X) troubler la paix, l'espérance et les joies » de mon lit de mort. »
Le vieillard un instant s'interrompt.
Malgré les vaius efforts de l'orphehne ,