LIVRE IV
ses larmes s'écliappent de ses longues paupières. Herstall reprend : — « Le )) comte de Noriudall m'a demandé ta )) main ce matin même. Sa fortune , son ))rang, sa réputation, sa jeunesse, sa » valeur, tout en lui brille d'un éclat pur » et sans tache; que dois-je lui répon- )) dre?.... Seule en ce couvent solitaire , )) Elodie , tu n'as connu que nos sauvages )) montagnards; ton cœur n'a pu parler » encore, et le comte Ecbert est digne )) d'être aimé,
)) Ton consentement à l'hymen désiré » comlilerait tous mes vœux ; cependant, » loin de moi le désir de contraindre tes )) sentimens ! ouvre -moi ton âme. Elo- » die est entièrement maîtresse d'elle- )) même. »
A ces dernières p.iroles prononcées de l'accent le plus affectueux , la vierge timide a senti renaître son courage. ■— a Mon père , répond-elle , le vaillant Ec- )) bert est appelé sans doute à de hautes
)) destinées , et je ne suis point digne )) d'être sa compagne; élevée au milieu y) des montagnes, je serais déplacée au )) sein des cours ; les fleurs sauvages de » nos vallons périssent, transplantées en )) d'autres climats. Est-ce à moi d'ambi- )) tionner les royales demeures, lorsque y) c'est dans un palais que fut assassiné )) mon père. Oh! rappelez-vous les der- )) nières piières de l'infortunée veuve de » Saint-Maiu\ Songez qu'à ses derniers y) instans ma mère vous adressa ces )) mots : quElodie , s^ il est possible , ne )) quitte jamais cette paisible vallée ! y) qu'elle ignore ce que sont les grany) deurs de la vie, et ce qu'elles coûtent y) à leurs possesseurs !.... »
— (C Eh liien ! s'écrie Herstall , le )) comte de ISorindall est prêt à renony> car pour toi à la cour de Lorraine , à )) se dépouiller du rang qu'il y occupe, » à fuir les honneurs qui l'envii'onnent , y» et avenir, en ces agrestes solitudes,