UVRE IV. I I
)) te consacrer sa vie entière. Tant de )) sacrifices prouvent tant d'amour que )) tu n'y saurais demeurer insensiJjie. ))
— « Mon père , interrompt l'orplie- )) line , de premiers transports d'amour
)) sont - ils éternels! des résolutions
» extrêmes sont-elles immuables ! Ah !
)) l'exagération n'est qu'un élan, elle ne )) fut jamais une base. Ecbertme promet » aujourd'hui les sacrilîcesj qui me gay) rantira demain contre les i-egrets! »
— • (( Ainsi donc Elodie persiste dans » ses refus.... est-ce bien là sa dernière » réponse? »
— « Vous m'avez ordonné de vous y> pai'ler sans feinte. Plutôt que d'habi- )) ter les cours , et de désobéir aux der- )) nières volontés de ma mère , je pré- » férerais , en ces montagnes, consacrer )) ma vie au service des autels. Effrayée » du caractère passionné d'Ecbert, je » craindrais de lui confier ma destinée : » et lUjre dans son choix, la lille de
y) Saint-Maiii' ne serait jamais l'épouse » du comte de Norindall. »
En prononçant ce discours , sa voix était assurée. La fermeté de son accent étoime Herstall. Sa détermination paraît inébranlable. Le vieillard blâme son refus ; mais le dernier adieu d'une soeur bien aimée s'est rappelé à sa mémoire.
Il a promis de ne jamais contraindre les sentimens d'Elodie : ses promesses seront sacrées.
Qui peindrait la douleur d'Ecbert !
L'orplieline a dédaigné sa main : l'orplielme a rejeté ses vœux. Sans paraître ému, il vient d'entendi^e de la bouche d'Herstall l'arrêt qui décide de son sort. Son désespoir est calme , sa fureur est muette. — « Respectable vieillard, dit- » il en sériant légèrement la main du » baron, ce soir même j'aurai quitté » cette teiTC hospitalière ; pliit au Ciel que >► mes pas ne l'eussent jamais foulée! »
MVRE IV. Il3
îl clit et s'éloigne. La veille , son envoyé secret lui avait rapporté la réponse qu'il attendait. L'ordi'e du départ est donné.
INIille projets sinistres et confus roulent dans son âme. Sa générosité naturelle combat en vain l'impétueux courroux qui l'agite. 11 sent que la puissance du mal va l'empoiter en lui sur la vertu. Vainement il implore le ciel , et lui demande un appui contre ses passions; rien ne peut calmer ses transports. Hors de lui-même il cherche Elodie ; il ignore ce qu'il doit lui dire , il ne sait point ce qu'il va faire , il ne comprend point ce (ju'il projette, mais il a besoin de la revoir.
Il la rencontre enfin. — (( Je pars , ):> lin dit-il , vous le désirez , vous l'or- » donnez. Pour toujours je A'ais fuir et » vous et le bonheur.... Oh! dites-moi )) du moins.... dites-moi que vous me » plaignez! ))
T. 1. 4« édit, io
1 î 4 T-E SOLITAIRE.
Elodie le regarde.... Elle hésite un instant.,.. Elle est touchée de sa douleur; et cependant, pour lui répondi^e, elle n'a trouvé que ces mots : — « Adieu, » noble chevaher. »
Monté sur un coursier fougueux , le comte de Norindall, sans espoir et sans consolations , s'éloigne de l'abbaye. Les deux guerriers qui l'accompagnent remarquent avec effroi le laconisme de ses réponses, le feu temble de ses regards, et l'impétuosité de sa course. Depuis long- temps le soleil s'est enfoncé sous les mers. Ecbert pique sans relâche les flancs de son destrier, et ne s'aperçoit point de l'espace immense qu'il a parcouru. Son cheval épuisé tombe enfin sous lui. En quels heux est-il ? il l'ignore. Où dirjge-t-il ses pas? que lui importe. Quels sont ses projets ? trop tôt ils seront connus.
La trompette guerrière, le hennisse-