LIVRE IV
sier de la voiture cl'Elodie : ils sont parvenus au pont du torrent.
Quelle voix terrible a soudain fmt retentir la foret ! A l'extrémité du pont
quel est ce guerrier colossal qui ferme le passage aux ravisseurs ! Quel est cet écu armorié qui, par son immense contour, rappelle le bouclier du fils de Tliétis! Quelles sont ces armes étincelantes ({ui réfléchissent les clartés du fltmibeau des nuits!.... Déjà les soldats d'Ecbert ont attaqué l'audacieux guerrier, qui seul ose arrêter leurs pas. Tous leurs glaives à la fois se sont levés sur sa tête. Les fers se croisent; mille feux en jaillissent. Au loin le choc des armes a retenti. Le bruit du combat a fait mugir l'écho des montagnes : du côté d'Ecbert est le nombre et la vaillance ; mais en tête du pont est l'audace et la mort.
Elodie épouvantée contemple l'inconnu de la forêt. Calme au milieu du tumulte qui l'environne, son front su-
perhe s'élève inébranliiJjle. Sa resplendissante épée semble la verge flamboyante (le l'archange aux portes d'Eden; et siir son casf[iie d'or un noir panache se balance tùnsi qu'un crêpe funéraire sur un monument triomphal.
Athlète gigantesque, il terrasse tout ce qui l'apprijche, il foudroie tout ce qu'il atteint: tel se montra le sauveur de Rome défendant seul le pont du Tibre.
Les compagnons d'Ecbert ont roulé dans le torrent. Furieux ,le comte de Noriiidall fond, l'épée à la main, sur l'infatigable vainqueur. O nouvelle surprise !
A son aspect, le vaillant étranger recule de quelques pas , et d'un geste souverain semble lui dire : — « Arrête ! »
Ecbert étonné suspend un instant ses coups. L'homme mystérieux, comme accoiitvmié à lui commander, paraît avoii' le droit de lui imposer ses oi'dres. Ecartant l'immense bouclier qui cachait ses formes admirables , il a levé la visière da