LIVRE IV
son casque. Un rayon de l'aslrc des nuits éclaire le front radieux du (ils de la victoire. Son regard lance des sillons de lumière : moins beau, moins éclatant de gloire , apparut au sommet du mont Ida le roi des dieux lançant la foudre. La vierge d'Underlacli a reconnu le chasseur de la montagne : l'homme sauveur est le Solitaire.
Quelle subite terreur s'est emparée d'Ecbert ! les traits du vainqueur lui sont connus. D'où vient le trouble inconcevable du vaillant comte de Norindall?... tous ses sens sont boule versé>\ Fixant des yeux une apparition qu'il croit peut-être surnaturelle , il recule à son tour; son bouclier lui échappe; il jette son glaive, il tombe à genoux, cl. ses mains suppliantes implorent son superbe ennemi.
Des lèvres d'Ecbert s'écliappcnt qucl- ([ues parol(\s confuses qu'Elodlene peut entendre. 11 semble solliciter un mot du T. I. f édit, *
lOO LE SOLITAIRE.
génie sauvage et silencieux qui d'un geste a paru l'anéantir • mais en vain il attend ce mot... Soudain il se relève, il veut s'approcher du guerrier triomphant qu'il contemple avec une terreur mêlée d'admiration • mais le Solitaire étend la main , et ce signe l'a repoussé.
Appuyé contre un rocher, le héros invincible a rebaissé la visière de son casque. Le vent de la forêt agitant les plumes noires qui flottent sur sa tête, Semble pousser autour de lui des plaintes lugubres qu'étouffe le long murmure du torrent. L'astre ténébreux disparaît sous la nue; et le paladin aux armes éblouissantes ne paraît plus qu'un noir fantôme prêt à prononcer quelque arrêt de mort.
11 n'a encore proféré aucune parole ; et cependant Ecbert A'ient de recevoir la réponse attendue. Levant son fer vainqueur, le Sohtaire a, de sa pointe sanglante, montré au comte de jNorindall la cime du mont Sauvage qu'éclaire un der-