LIVRE V
j Ierstall a pressé clans ses bras l'orpheline du monastère. Instruit de toutes les cireonstances du fatal enlèvement, il bénit le Tout-Puissant qui protégea rinnocence, et le guerrier bbérateur dont sa main divine s'est servie.
Mais comment témoigner sa reconnaissance au Solitaire? Au mont Sauyage il a su se rendre inaccessible : une tentative pour l'approcher est à ses yeu^i. une indiscrétion , inie ingratitude , et [)resque un crime. Son courroux inllexiblc tonne sur le téiiiéraii-c qui , dans
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l'espoir de l'aborder , a gravi la roclie escarpée. D'après les bruits populaires , des punitions elFrayantes ont frappé plusieurs audacieux arrivés jusqu'à l'ermitage de la montagne. On ne peut nommer ces victimes , mais on se croit certain de leur châtiment : on ignore d't)Li venaient ces malheureux, mais on affirme leur disparition : à voix basse, on se raconte leur aventure horrible, leur catastrophe tragique ; et de vagues terreurs accompagnent d'inconcevables récits. INul habitant d'Underlacli n'oserait désormais s'aller exposer à l'indignation de riiomme des merveilles. Un anatlième du Solitaire est une étincelle détachée de la foudre ; on dirait que , tombée sur le coupable , elle ouvre à ses pieds un précipice sans fond, au bord duquel le pardon est sans voix et l'espérance sans lueur.
Comme environné d'une brume mystérieuse, d'un cercle magique, riiicoimu