LIVRE T. l
du mont Sauvage s'est isolé de ses semblables , et parait au sommet de son roc désert habiter une région supérieure dont nul autre que lui n'a le dioit de respirer l'air. Ou sa demeure est - elle placée ? Comment est bâti son ermitage?... Le vulgaire cllra^j é n'ose même à ce sujet se répondie dans le silence de sa chaumière; il se défend jusques aux conjectures.
Anselme est auprès d'Herstall. Elodie succombant à la fatigue, est livrée au sommeil. Herstall consulte son ami. Il retloute quelque nouvelle violence du comte de INorindall. Son désir serait de s'éloigner pour (pielque temps de la \a\~ lée d'Lnderlach. En c[uelque retraite inconnue peut-être est- il prudent de cacher l'existence de l'orpheUne, jusqu'au inoment où son souvenir se sera elfacé du cœur d'Ecbert.
Mais Anselme a combattu ce projet.
— (( Ne vous liâtez point de prendre une » détermination , dit le A^énërable pas- » teur : au redoutable mont Sauvage , » Ecbert , dites-vous , s'est rendu ? que » va-t-il devenir lui-même!... Atten- » dons. )) 1 — « Quoi! vous pensez qu'il » pourrait ne plus reparaître?.. . )) — c( On » ne peut rien penser, rien deviner, rien » prévoir , lorsque dans la nuit des évè- )) nemens à venir peut s'enfoncer le So^ » litaire. » — «Attendons. »
Pendant la journée suivante , la fille de Saint - Maur , que les scènes terribles de la veille ont accablée, n'a pu se lever de sa couche brûlante. Des songes menacans ont troublé son sommeil. Ses yeux ne voient que fantômes et combats: Herstallinquiet veille auprès d'elle, oubliant ses propres souffrances. La jeunesse d'Elodie a bientôt triomphé d'un mal passager. Elle est descendue de sa cellule. L'air pur des vallons araiiraîchi