LIVRE V. ï4l
)> nulle puissance liumaine ne pourra plus )) ni'arraclier de ces lieux, ou j'oublierai )) tous mes sermens au Solitaire ! »
— « Tous vos sermens au Solitaire !
» répète la vierge étonne'e.» — (cOui, tous » mes sermens , reprend Ecbert avec » transport. Le croirez-vous ! je lui ai » juré de vous fuir... Je lui ai juré de ne » plus troubler votre repos... Il l'a exigé, » le barbare! et pourtant il a vu couler » mes larmes... les premières que j'aie )) versées. »
L'ami de René parcourt la salle à grands pas; sa voix est étouffée; vainement aux accens de la douleur il eut voulu refuser uu passage. Du grand balcon de l'abbaye, d'où l'on découvre la vallée, son regard clierclie le mont Sauvage. — f( Infortuné Solitaire ! s'écrie- » t-il, te crois-tu donc en ce moment )) plus à plaindre que moi! »
Clia(|ue pai'ole du comte do Norindall accroît le trouble de l'orplieline. —
« Ecbert, dit-elle , c'est donc au Solitaire )) qiie je dois votre noble repentir, vos )) généreuses résolutions?... » — «Oli!
)) ne m'interrogez pas î interrompt le )) guerrier avec une sorte de fureur. Je y) ne puis trahir ses secrets. Vous-même )) craignez de les connaître. )>
Après quelques momens de silence :
— (( Elodie, reprend-ii plus calme, et se )) rapprochant d'elle , j'eusse pu faire le » bonheur de votre vie ; je me sentais di- )) gne d'être votre époux : le Ciel ne l'a )) point voulu. Je n'étais point né sans » doute pom' un sort si fortuné... Reyy cevez mes derniers adieux. Si jamais )) mon secours peut être utile à celle sur y) qui veille le Solitaire, tant que ce cœur )) battra, disposez du mallieureux comte )) de Norindall. Ah! ([uelque magnani- » mité entre dans cette àme passionnée » qui vous adore, etqui renonce à vous : )) mais vous n'avez pu connaître cette » âme tout entière. Par la force Ecbert