LIVRE Vr, l'JJ
et la réponse de la comtesse. Peut-être la nouvelle protectrice cl'Elodie viendrat-elie la clierclicr elle-même au monastère. Son appartement est préparé. Le bon Anselme a tout prévu.
Elodie a recouvré ses forces : aller prier au tombeau d'Herstall est la première pensée de sa convalescence. A la chute du jour, elle a traversé le parcj et, seule au pied du tertre fiméraire , elle s'arrête, se prosterne et pleure. — • « O mon père ! dit Elodie , étrangère au- )) jourd'liui sur un globe inconnu , qu'ai- » je à attendre du temps? l'accumulation » des soulFranccs. Qu'ai-je à espérer des )) hommes? la pitié. Oh! par vos prières, )) obtenez du Seigneur ma délivrance ; )) et pour m'ouvrir un céleste passage )) jusqu'à vous , que devant moi se bri- )) sent les funestes barrières de la vie! »
Appuyée contre la croix du tombeau, la fille de Saint-Maur, iibsorbée dans ses
pieuses méditations, a laissé fuir les momens sans remarquer leur passage. Repoussant avec etFroi le souvenir clu Solitaire , elle se répète les derniers mots de son père expirant. L'iiomme du mont Sauvage, puissance mystérieuse, n'est plus pour elle une puissance céleste; et cependant elle ne peut se le représenter comme le génie du mal. Depuis la mort d'Herstall, au fond de son àme une sorte de terreur s'est attachée au nom du Solitaire; peut-(>tre aurait-elle le courage de le fuir, mais elle n'a pas la force de l'oublier.
De nocturnes rayons éclairaient seuls le hosquet mortuaire. Etonnée elle-même de sa longue rêverie , glacée par l'air humide de la soirée , pâle comme la feuille du tremble à la clarté du flambeau des nuits , la vierge d'Underlach soulève lentement sa tète appesantie; quel objet a frappé sonregard !... Devantelle , debout, penché sur l'arbre des mausolées, aussi