‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 74 sur 205 · LIVRE TI. fj · texte numérisé non relu

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beau qu'au jour où, tenant sa lyre, il lui apparut tel qu'Orpliée aux onilDres lieureuses , le chasseur de la montagne la contemple en silence, immobile comme la statue d'un monument funèbre. Son bi'as droit relève négligemment une partie de son manteau détaché de ses épaules, et drapé comme le royal vêtement des Césars. Sur son front maie et découvert flottent en désordre ses cheveux noirs et touffus. La lune, à travers le feuillage , a semblé le ceindre d'une écharpe argentée; et ses lueurs frémissantes l'environnent de reflets magiques.

Moins éclatant de beauté, sous les bocages de l'Elide , Endvniion arrêta le char de Diane. Moins séduisant parut l'Hippolyte des forêts aux yeux des nymplics de la Grèce.

Le majiilien calme du vainqueur d'Ecbert, latoucliante expression de son regard, la sérénité de son visage, ont à l'instant chassé du coeur d'Elodie et les

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sinistres souvenirs et les effrayantes réflexions. A son seul aspect toute impression fiuieste s est effacée ; et déjà l'enclianteur de la montagne a repris sur elle sa puissance.

L'orpheline a cru voir tomber de ses yeux une larme religieuse sur la tombe d'Herstall. Sa présence au bosquet funéraire , ce dernier liommage rendu à la mémoire de son père , ont rempli l'àme d'Elodie d'une joie secrète, d'une tendre reconnaissance : le Solitaire est justifié dans son esprit. Une lumière brillante a soudain éclairci ses ténébreuses pensées j il lui semble qu'un souflle divin a repoussé tous les nuages de l'horizon. Le passage de la vie n'est plus pour elle une marche dans le désert : Elodie n'est plus seule dans l'univers ; et si elle s'agenouillait de nouveau devant la sépultiu'e d'Herstall, ce ne serait plus la même prière qu'elle adresserait au Ciel.

— (( Lui, un monstre ! lui, un meur-

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