LIVRE VU. . tgg
h reprend le Solitaire avec une fureur » concentrée. )) — « Arrêtez! inter- )) rompt à son tour le vieillard avec une D sainte énergie , arrêtez ! vous alliez » blaspliémer. »
L'homme terrible n'a pu résister à la voix du ministre des cieux : son àme indompta])le cède à l'ascendant des vertus et de la piété. 11 se tait; la fureur de sou regard s'est éteinte. — « Mon fils, y) poursuit le pasteur avec l'accent du )) plus tendre intérêt, etens'approcliant » de lui , vous êtes blessé ? » — « Blessé ! . . y) répond le Solitaire d'un ton égaré, et )) cotnme chercliant à comprendre la si- » gnification de ce mot, blessé ! ... qu'im- » porte! )) — « Laissez-moi panser vos )) plaies. )> — « Mes plaies sont incura- )) blés ; )) et l'Iiomme du mont sauvage a posé la maiu sur son coeur.
Il a fait plusieurs pas pour s'éloigner : Anselme l'arrête. — « INoble sauveur » de Conrad ! ne me quittez point çn~
lîOO tE SOLITATRE.
y> corej daignez pour cette nuit accep- » ter un asile , et prendre quelque repos » sous ce toit hospitalier. » La voix du "vieillard était suppliante. — (f Non, répond )) le Solitaire, je ne veux pour asile que » les cavernes du rocher j je ne pren-, » drai de repos que sous les pierres de » la tombe. »
— « Ame égarée ! s'écrie le prêtre » avec douleur; mes consolations.... »
— (cYous en ai-je demandé!... interj) rompt avec hauteur l'inflexible mortel. M Je n'en attends ni de Dieu ni des hom- » mes. Retournez auprès de Conrad^ )) auprès de votre fils. » — (( Tout mal- )) heureux est mon fils, répond vive- )) ment Anselme. ïlomme à la fois au- )) dessus et au-dessous de l'humanité ! » quel langage osez-vous tenir! »
A ces mots, entièrement revenu à lui-même, calme et d'im ton solennel :
— « Anselme! dit le Solitaire, ton opi- » nion sur moi depuis long-temps m'é-