LIVRE VII
» tait connue. Apôtre de l'Evangile, sois » moins sévère, sois plus chaiitable dans » tes jugemens ! toute apparence est y) trompeuse. La nuit du mystère n'est )) pas toujours celle du crime 5 etfussé-je » aussi coupable que mallieureux, songe » que les derniers mots du Sauveur des )) liumains furent des paroles de pardon, » Ministre du Dieu des miséricordes ! ta )) mission parmi les hommes est d'absou- )) dre et non de condamner. »
Et ces mots achevés , le chasseur de la montagne est déjà loin du presbytère.
L'aurore brillante et radieuse s'était élancée de son palais de lumière, et devant ses coursiers étincelans , sur un nuage d'or et de pourpre , chassait les ombres de la nuit. Marceline est à l'abbaye, introduite auprès de l'orpheline.
— M Conrad est de retour, s'écrie-t-elle r » il revient presque dessombres bords.»
203 LE SOLTTAtîlE.
La vierge d'I iideii-'cli la regarde avec surprise. Marceline continue. — uConrad )) avait vu la comtesse Imberg Chargé )) de sa réponse , et de quelques présens » pour Anselme , il revenait au presby- )) tère ; mais .sur sa route , l'imprudent y> avait laissé voir les dons précieux qu'il )) portait ; et près <}u torrent , cette nuit, » des assassins l'attendaient.
» Environné de biigands, le neveu )) d'Anselme jette des cris percans. A » l'instant paraît le héros de la droite du » Seigneur. Seul , armé d'une massue » foudroyante , il renveise , il terrasse , » il immole et le chef et ses satellites. » In seul échappe à ses coups ; le per- )) fîde en fuyant se venge : Conrad est » précipité dans le torrent.
» Le Solitaire , entouré de cadavres , )) et blessé , n'a plus d'ennemis à com- )) battre ; mais il s'aperçoit que l'élève )) d'Anselme a disparu. Les vêtemens de » la victime flottent au-dessus des eaux