LIVRE VIL
)) du torrent; le vainqueur se Jette au )) milieu du gouiTre ; et pour la seconde y> fois Conrad est sauvé.
)) Accablé dd fatigue, sanglant, épuisé, )) siiccombe-t-il à ses souffrances? non. )) Tant ([ii'il lui reste quelque vie, elle )) appartient au m ilîieureux. Le divin » génie du mont Sauvage porte pendant )) une heure entière le corps humide et )) glacé du jeune Conrad; et le père An- )) selme a recouvré son fils adoptif. »
— (( Mais le Solitaire est blessé ! s'é- )) crie l'orplieline aliirmée. » — « Sa blesy) sure est légère , répond Marceline. » — (c Kst-il demeuré chez Anselme? )) — <c L'aigle radieux ii'liabite que les nues.))
Le pasteur du liameau vient d'arriver au monastère. Elodie quitte Marceline et vole à sa rencontre. Anselme tient un papier en sa main. — (( Voici, lui dit-il, )) une lettre de la comtesse Imberg. De- )) main vous la recevrez en ces lieux.. ))
2o4^ LE SOLITAIIIF.
— (( Déjà ! répond Elodie. 0 mon père! )) me faudra- t-il quitter la vallée d'Un- » derlacli ?» — (c J'ignore les intentions )) de votre protectrice : fille chérie ! » Sommes-nous les maîtres de nos des- J) tinées ! »
L'orpheline alul'écritdela comtesse, qui paraît s'intéresser vivement à son sort. Ses expressions sont affectueuses ; elle annonce son arrivée à l'abbaye; et ses intentions paraissent aussi nobles que bienfaisantes.
— — « Vous ne me parlez point de Con- )) rad ? » dit Elodie , après quelques momens de silence. — (C 11 est hors de dan- » ger, répond Anselme. » — «Vousa-t-il « racanté les détails de sa funeste aven- » ture?» — « Sans doute; et la vaillance )) du guerrier auquel il doit la vie ne » peut sortir de sa pensée : son enthou- )) siasme égale sa reconnaissance. » — c( Vous l'avez vu? reprend l'orpheline )) avec embairas.» — »<c Qui!.... le SoU-