LIVRE vir
ëcuyers , des pages , des guerriers , la préc,'èdeiit ; et dans les vastes cours du mouastère régnent de toutes parts le désordie, le tumulte et la confusion.
Elodie descend à la liàte le grand escalier de l'abbaye, et sous le vestibule reçoit la comtesse Imberg : uns suite brillante l'environne : et près d'elle est un cbevalier de haut parage arm.é de toutes pièces.
La noble parente d'iierstall a tendu les bras à la fille de Saint-Maur, la presse avec amitié contre son sein, et la contemple avec une surprise mêlée d'admiration. Sa beauté, sa modestie, son accent, sa grâce, tout en elle a paru la charmer.
— (( Aimable Elodie ! lui dit -elle en » lui présentant le guerrier qui l'accom- » pagnait, mon ami le plus cher, le chef » d'une des plus illustres familles de » l'Allemagne, l'allié des premiers sou- )) veraiiis du Nord, le priiize de Palzo^
» a bien voulu me conduire lui-mémr » en ces montagnes. Il m'a promis de » s'arrêter quelques jours dans cette ab- )) baye, et je m'empresse de recomman- » der mon valeureux chevalier à ma )) nièce adoptive. »
L'orpheline a salué profondément le piince de Palzo , dont les regards sont constamment restés fixés sur elle. La comtesse Imberg semble satisfaite des appartemens qui lui ont été préparés.
Obligeante, affectueuse, elle ne paraît point effrayée du sombre aspect des galeries voûtées qu'elle traverse : elle n'a })làmé aucune distribution ; ne s'est plainte d'aucune fatigue jet pour prendre quelques instans de repos , ne s'est séparée d'Elodie qu'avec regret.
La vierge d'Underlach , seule à ellemême, s'abandonne à ses réflexions.
La comtesse paraît bienfaisante , sensible , généreuse , et pourtant elle ne