‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 88 sur 205 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

sent point son cœur attiré vers elle.

Dans ses discours règne une noble simplicité , mais quelle pompe l'environne ! Elle a présenté le prince de Palzo à l'orpheline , mais comme elle a énuméré les titres de son ami ! Son regard est doux et bienveillant, mais qu'il est orgueilleusement affable ! Elle a nommé Elodie sa nièce, mais jusque dans la tendresse de son accent, quelle supériorité ! — « Herstall ! se dit l'orpheline en elle- )) même, ici, je le sens, j'avais jadis un » père, je n'ai plus aujourd'hui qu'une » protectrice. »

La comtesse Imberg, plus âgée que ne l'était Herstall au moment de sa mort, conservait encore quelques restes de beauté. De tout temps l'admiration s'était attachée à ses pas; mais aux jours de son printemps, ce sentiment, le seul qu'elle avait su inspirer, n'avait fait que le toumient de son existence : ce n'est pas uni(juement pouretre admirée qu'une

femme est belle. Les amiées \im'ent détruire ses charmes ; elle n'avait pu commander l'amour, elle voulut subjuguer l'opinion. Sa fortune lui permettait le luxe, elle éblouit les hommes par sa magnificence et sa générosité. Son coeur, qui n'avait pu aimer, avait eu le loisir et la faculté d'étudier les coeurs ; l'àme sensible est toujours voilée, l'àme glacée voit tout à nu.

Habile à dissimuler , la comtesse était renommée pour sa sincérité. Elle paraissait constamment occupée à couvrir des nuits du mystère ses actions magnanimes et bienfaisantes ; et cependant, par son adresse, des récits exagérés en publiaient partout les plus légers détails. Elle était capable d'un trait sublime , mais il fallait qu'on la regardât. Absolue dans ses volontés , elle semblait faire habituellement à ceux qui l'entouraient le sacnfice entier d'elle-même. Elle se glorifiait d'une vie qu'aucime erreiu^

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