‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 90 sur 205 · LIVRE vrr. SI · texte numérisé non relu

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et son maintien avait de la dignité. Aux yeux de l'observateur profond, son sourire dédaigneux, son front sévère, son legard ironique annonçaient l'iiomme orgueilleux, par ambition commandant aux hommes , et par système les méprisant. Le timbre de son âme , grossièrement frappé par les sens, n'avait jamais rendu que des sons trompeurs , parfois éclatans , mais toujours faux ; parfois énergiques , mais jamais sublimes.

Une brillante éducation avait passé sur lui comme la lumière sur les plantes ; elle avait coloré son être sans rien changer à sa nature. Souple à la corn- lorsque ses desseins l'exigeaient, quelque basses que fussent les portes d'un palais, pour y entrer, il lui importait peu de se baisser en pygmée , pourvu qu'en sortant il pût paraître au vulgaire un colosse.

En ses amours effréné , se livrant aux transports de ses premiers mouvemens j

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il ressemblait au pilote qui met à la voile pendant la tempête 5 mais en politique, prudent et dissimulé , il soulevait ou calmait les orages comme s'il disposait "des élémens. Souvent prodigue , mais sans générosité; quelquefois bienfoisant, mais sans justice , il se montrait magnifique , et passait pour magnanime. De la surface de son àme la vertu semblait exhaler quelques parfums , comme des bords d'un vase infect peuvent s'élever quelques fleurs.

Louis XI avait remarqué le prince de Palzo : un tel homme convenait parfaitement à ses vues politiques. Les révolutions des Etats voisins avaient constamment agi^andi son royaume. Feignant de voler au secours des trônes ébranlés , Louis XI achevait de les abattre. Sur les ruines il savait s'élever, et sur les destructions il se raffermissait.

De nombreux mécontens s'agitaient à

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