‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 94 sur 205 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

» (lame , la des li née que le ciel me ré- )) serve; mais ce n'est point une couronne 7) que j'ambitionne : l'éclat ne me paraît y> point le bonheur. Elevée dans l'obscu- )) rite, je ne me crois point appelée aux y> grandeurs de la terre; et le voile des )) cloîtres conviendraitmieux à mon front » que le diadème des souveraines. Je ne )) quitterai point les montagnes de l'Hel- » vetie ; les dernières volontés de ma )) mère m'en font une loi. Daignez donc 3) me permettre de refuser l'hymen glo- » rieux qui m'est piX)posé. La reconnais- » sance est le seul sentiinentque le prince » de Palzo puisse attendre d'Elodie. »

Elle dit, et s'éloigne. La comtesse Imberg, confondue d'étonnement, a oiierché vainement à la retenir; mais rien ne saurait clianger la résolution de l'amie de Palzo. Trop artificieuse pour laisser apercevoii' sa fureur, elle se gardera bien d'initer par la violence une àme dont elle a remarqué l'énergie. La com-

lesse a su dompler des esprits plus re^ belles. L'épreuve de la douceur précédera l'essai de la force. Les fêtes, les hommages, les plaisirs , les séductions de l'amour et delà flatterie, vont de toutes parts assiéger le cœur de l'orpheline.

Hélas! la perfidie a mille sortes d'armes : l'innocence n'en a d'autres qu'elle-même.

L'heure du repas" a sonné : Elodie rejoint la comtesse Imberg ; elle s'attend a ses reproches, à son courroux, à son indignation ; mais inébranlable en son refus , décidée à braver l'orage , sous un front calme et serein elle cache son trouble et sa douleur.

L'aimable sourii'e de la comtesse accueijle la vierge d'Lnderlach. Son regard caressant cherche le sien avec tendresse. Aucun reproche, aucune plainte ne sortent de ses lèvres. Elle ne paraît tour mentée que de la crainte d'avoir pu affhgersa jeune amie. Ses expressions sont celles d'une mère inquiète sur la desti-

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