‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 95 sur 205 · LIVRE MI · texte numérisé non relu

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née (le sa fille , et uniquement oceupe'e de son bonheur. Le prinee de Palzo, aussi tendre , mais plus respectueux , a cessé d'aborder Elodie avec cette confiance outrageante inconnue au véritable amour. Ses attentions sont délicates, ses égards flattem'S, ses paroles réservées. La timide orpheline n'a plus à redouter sa présence 5 et plusieurs fois son regard avec reconnaissance s'est tourné sui- sa protectrice.

11 est nuit. En sa cellule retirée, assise auprès de sa fenêtre , la fille de SaintjNLuu', peu cUsposée au repos, et toute à ses tristes réflexions, se rappelle lïerstall, et sent couler ses larmes. Jadis lui seul ha])itait h; monastère, et pour Elodie ce monastère semblait rempli d êtres chéris. Aujourd'hui ce séjour antique recèle un peuple nombreux , et ce séjour n'est plus pour elle qu'un désert.

Sur la cime lointaine des montagnes er-

rent toutes ses pensées , se transporte toute son existence; les rochers arides du lac IMorat s'offrent à sa vue comme enchantés. Ah! pour vivifier l'univers, pour contempler la nature à travers un prisme magir[ue , que faut-il à l'iiomme jeté parmi les hommes? un cœur qui réponde au sien. 11 n'est de véiitable isolé que l'insensible; il n'est de vrai proscrit que l'oubUé.

L'heure fuit. Tout à coup, sur un des rocliers dominant la vallée , Elodie voit s'élever une flamme inconnue. Elle brille un instant , et s'éteint. Au sommet de la montngne opposée, aussitôt un feu semblable s'allume, et disparait de même : ce sont des signaux qui se répondent. Le long du sentier tournant qui descend au pont du torrent , elle aperçoit une nombreuse troupe de montagnards armés s'enfoncer à la hâte au milieu des forêts. Où se forment ces ténébreuses réunions? Quel clief rassem-

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