‹ Le sommeil de Montcalm [microforme]Chapitre 2 sur 3 · SOCIÉTE ROYALE DU CANADA · texte numérisé non relu

SOCIÉTE ROYALE DU CANADA

Arrosa de son sang cet humble coin de terre, Cadeau que le soldat faisait à l’Angleterre.

Montcalm, lui, moins heureux que son brillant rival, Croyait voir s’écrouler l’œuvre du grand Laval.

Le désespoir troublait sa dernière pensée,

Quand, versant l'espérance à son âme oppressée,

Et d jours à venir se portant le garant,

Un ange se pencha sur le héros mourant.

“ Vois, dit-il, sans remords venir ta dernière heure; Ton peuple survivra, qu’il triomphe ou qu’il pleure ; Dans la tombe imninrtelle où tu vas sommeiller Tu peux dorn..r en paix; je viendrai t’éveiller. Oui, quelque soit le sort de la vaillan’: race,

Je vois dans l’avenir sue mon regard embrasse Des revers g. rieux et d’immortels succès,

É Des cœurs malgré l’oubli restés toujours français, Console-toi, Montcalm, ta gloire n’est pas morte; Ce sont tes restes seuls que le trépas emport .”

Et Montcalm con:olé par l’envoyé des cieux

Pour son dernier sommeil s'endort moins soucieut. Mais il était à prine enfermé sous la pierre

Que l’ange se penchant de nouveau sur sa bière :

“ L’intrépide Lévis, dit-il, pour te venger

Et reprendre la viile aux mains de l’étranger

Est sur le champ, témoin de ta noble défaite

Re té vainqueur, et sa vengeance satisfaite,

Prêt à poursuivre encor ses puissants ennemis,

Il attend la flottille et le renfort promis.

Une voile apparaît, mais, espérance vaine,

Le drapeau C'Albion flotte au mât de misaine.

Plus d’espoir! L’abandon! Le brave est confondu, ar si l’honneur est sauf, le pays est perdu.” Mo:tcalm désespéré per la triste nouvelle

Rentra dans son sommeil, et l’ange de son aîle, Effleurant doucement le lieu de son repos,

Pleura (avoir ainsi réveillé le héros.

Puis le temps s’écoula ; de pacifiques luttes Remplacèrent bientôt les sanglantes disputes ;

Et les nôtres luttaient sans espoir, sans secours. L’ange ne venait point; Montcalm dormait toujours. Il reparut enfin et lui dit à l’oreille:

“ Lorsque tu dors, ton peuple est ià qui lutte et veille;

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[PoissoN] LE SOMMEIL DE MONTCALM | 39

Et pour venger ta mort, à va’ icu des glacis,

est un homme de paix qui combat, c'est Plessis

Qui des gr'efs d’un peuple a chargé son épaule,

Et seul, se redressant devant !n métropole,

Sans armes pour lutter que son verbe puissant,

1! tient tête au vainqueur, mais sans verser de sang.” 1 lui dit du prélat l'immortelle attitude

Et !« peuple affranchi de toute servitude, Orgusilleux du passé, idèle aux nouveaux rois, Loyal à la Couronne en défendant ses droits.

Et Montcalm, bénissant le réleste message, , Se rendort plein d'espoir. Le temps, sur son passage, Marquant dix ans de plus sur l'éternel cadran,

La paix semble régner aux bords du Saint-Laurent. Puis l’ange vint encor se pencher sur sa bière

Et dit: “ Noble Montcalm, que ton ombre soit fière ; La race après vingt ans n’a pas dégénéré

Et conserve avec soin ton drapeau déchiré,

Car elle vient d'inscrire aux fastes de l’histoire, Coutumière du fait, une belle victoire ;

Le cri d’alarme avait à peine retenti

Que le vieux sang français ne s’est point démenti,

* Et, la Nouvelle-France, au premier cri de guerre, Pour défendre le sol se dressa la première,

; Vers l'ennemi commun tous vont résolument.

En face du danger, fidèles au serment,

Pour sauver de l’affront le drapeau d’Angleterre Tous les cœurs vont &unir, les haînes vont se taire, Et tu peux contempler, le regard subjugué, Salaberry vainqueur aux chimps de Châteauguay.” Et cinq lustres plus tard, fidèie à sa promesse, L’ange éveilla Montcalm par un cri de détresse ;

Il lui conta comment, fils de la liberté,

Vous tombiez pour défendre un sol ensanglanté, Coriment vous répondiez aux défis de Colborne, Tyranneau dont la haîne implacable et sans borne Essayait d’étouffer dans un suprême effort

Un peuple plein de vie et qui bravait la mort.

. Et l’ange nlein d’émoi. continuant sa tâche,

Lui dit le :.ng qui teint le sol de St-Eustach, Le paysan qui tombe aux champs de Saint-Denis En défendant ses droits et ses oyers bénis.

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sonne same à

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