‹ Le sommeil et les rêvesChapitre 37 sur 119 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

Délimitation du problème.

Nçcossité de cette délimitation. — Rêve des lézards et de ï'AspUnium ruta muraria. Eléments de ce rêve. — Questions qu'il soulève : conservation indéfinie des impressions; leur mode de reproduction.

Des nombreuses questions qui se rattachent au rêve et subsidiairement à la folie, j'en ai résolu deux. Ce ne sont sans doute pas les plus difficiles , mais elles sont fondamentales , et c'est par celles-là qu'il fallait commencer. Ne l'oublions pas , en effet : celui qui rêve se croit éveillé , le fou se juge raisonnable.

Il y avait donc premièrement c\ rechercher la cause qui rend le dormeur et l'insensé dupes de leurs vaines imaginations. L'illusion repose sur l'babitude où Ton est de supposer qu'un objet extérieur correspond à toute image interne qui présente certains caractères d'ordre, de permanence et d'éclat.

Il restait en second lieu à déterminer le critérium de l'état de veille et de l'état de raison. Ce critérium— unique, universel et infaillible — j'ai cru le trouver dans le doute spéculatif. Ce genre de doute assure les fondements du savoir : c'est ainsi que l'ombre fait resplendir la lumière. Avec lui , l'intelligence humaine marche d'un pas prudent, tranquille et ferme, vers la science. Sans lui, elle tombe de l'excès d'orgueil dans l'excès d'abattement, et finit par se réfugier dans le scepticisme ou le mysticisme, qui se disputent le droit d'abriter son désespoir.

Ces difficultés logiques écartées, ce serait le moment de nous enquérir du contenu des rêves — nouveau problème , extrêmement vaste et actuellement impossible h aborder par toutes ses faces. Si le lecteur se rappelle les six chefs sous lesquels M. Maudsley classe les causes qui déterminent les caractères du rêve * , il remarquera que les cinq derniers sont purement physiologiques, et que le premier seul, « l'expérience antérieure, soit personnelle, soit ancestrale », embrasse les éléments psychologiques. Or si, en thèse générale, on peut dire de la physiologie qu'elle est encore dans l'enfance, cette assertion est surtout vraie quand il s'agit de la physiologie du sommeil. Il n'est pas difllcile d'en deviner la raison , mais je ne veux pas m' écarter de ma route.

D'ailleurs, en dehors même de cette considération, comme je n'ai malheureusement que des

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