‹ Le sommeil et les rêvesChapitre 8 sur 119 · MM. SERGUEYEFF, BIN'Z , ETC · texte numérisé non relu

MM. SERGUEYEFF, BIN'Z , ETC

pour objectif la définition des maladies mentales, contient nombre de vues neuves et personnelles sur la nature des songes.

Je ne m'appesantirai pas longtemps sur le travail original, mais peu sérieux de M. Serguèyeff. L'auteur commence par établir que le sommeil est une fonction (?) essentiellement végétative, car il est nécessaire à tout ce qui vit, et il a pour but de maintenir l'organisme dans son état normal. Il y a donc à découvrir trois choses : 1" l'aliment, objet de la veille et du sommeil; 2° l'organe; 3° le mécanisme.

Un aliment n'est pas nécessairement une matière tangible et pondérable; rien n'empêche de conjecturer que l'objet de la veille et du sommeil est une forme éthérée , sthénique ou dynamique. Qu'entend par là M. Serguèyeff, c'est ce qu'il m'a été impossible de comprendre. Il me fait d'ailleurs l'effet de n'avoir sur l'éther, le mouvement, la force et la matière, que des notions confuses et contradictoires.

Quant à l'organe du sommeil, ce doit être probablement le grand sympathique. Car, d'un côté, on ne connaît pas le siège de cette fonction, et, de l'autre , on ne connaît pas la fonction de cet appareil. La conclusion n'est pas de la dernière évidence. Mais l'auteur, et avec raison , ne se contente pas de ce simple argument logique. Il rappelle que la section du grand sympathique donne lieu îi des phénomènes caloriques que l'on ne peut attribuer aux modifications ainsi introduites dans la circulation du sang, et dont l'explication n'est pas encore trouvée. Or l'augmentation de chaleur s'expliquerait

aisément par l'arrêt d'un mouvement végétatif et centripète; pendant la veille on accumulerait de la force, pendant le sommeil on en rejetterait l'excès. C'est juste le contraire de ce que l'on pense communément. Je ne suis pas physiologiste et ne puis discuter les déductions de M. Serguèyeff. J'aurais seulement voulu savoir — et c'est ce que j'attendais toujours comme argument final — jusqu'à quel point les animaux dont on sectionne le grand sympathique, perdent le sommeil ; si par exemple , ce chien chez lequel , après dix-huit mois , le surcroît de chaleur était encore appréciable , n'avait pas dormi de tout ce temps à peu près comme à l'ordinaire.

La tentative de M. Serguèyeff, bien que je la regarde comme stérile, me paraît propre h faire voir de quelle profonde obscurité le problème physiologique est entouré. Cet écrivain a certainement pris à cœur son sujet ; il s'est livré à de nombreuses recherches, et, doué d'une tournure d'esprit ingénieuse , il a visé h sortir des sentiers battus. A tous ces titres, quoi que je pense du résultat de ses efforts , je ne puis qu'y applaudir.

Je n'ai pas lu l'opuscule de M. Binz. J'en ai vu un compte-rendu dans la BerUner Idinische Wochensfhrift. M. Bôhm, dans les PhilosophischeMonatshefte, en dit beaucoup de bien. Se fondant sur ce fait que l'opium, le hachisch, l'éther, etc., produisent des états analogues au rêve et au sommeil, M. Binz conclut que ces phénomènes sont de nature pathologique et proviennent d'un trouble de l'activité psychique. Il m'est assez difficile de comprendre qu'on puisse qualifier d'état pathologique et attri-

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