D"^ Landouzy, Progrès médical du 25 janvier
ques; le fait même de répondre à ces pratiques est pour nous un symptôme bien rarement trompeur de cette affection chez le sujet. La fixation de leur regard sur une source lumineuse un peu vive, une lampe à magnésium, la lumière Drummond ou la lumière électrique, les cataleptise presque instantanément, les pétrifie pour ainsi dire sur place, avec l'attitude qu'elles ont à l'instant précis où le rayon lumineux a frappé leur œil et l'expression de la physionomie en harmonie avec cette attitude. Cette catalepsie n'atteint que les muscles de la vie volontaire et non ceux de la vie végétative. Le sujet demeure ainsi immobile et parfaitement insensible aussi longtemps que la lumière frappe sa rétine, et, lorsq;ue celle-ci disparaît, il passe à un second état, état de sommeil ou de léthargie, comme l'a nommé M. Gharcot, pour le distinguer du véritable sommeil dont il diffère sous bien des rapports. Les yeux du malade se ferment; une inspiration sifflante se fait entendre, accompagnée de quelques mouvements bruyants de déglutition.
Dans ce second état l'hyperexcitabifité neuromusculaire dont nous avons parlé précédemment est excessive et l'on parvient par l'attouchement d'un muscle à le faire se contracter, aussi bien les muscles de la face que ceux des membres et l'on peut communiquer ainsi à la physionomie les ex-
pressions les plus diverses i, attention, douleur, joie, dédain, etc.
On peut faire passer de nouveau la malade du second dans le premier état en lui ouvrant l'œil et y faisant pénétrer de nouveau un rayon de lumière.
« Cette curieuse expérience peut être variée de la manière suivante : Supposons la malade pion gée dans l'état cataleptique sous l'influence d'une vive lumière. Nous fermons avec la main un seul de ses yeux, l'œil droit par exemple, et aussitôt elle devient léthargique du côté droit seulement, pendant qu'elle demeure cataleptique du côté gauche. C'est-à-dire que les membres et la face du côté droit sont dans la résolution et jouissent seuls de l'hyperexcitabilité musculaire caractéristique de la léthargie, pendant que les membres du côté gauche seulement ont la propriété de conserver les attitudes qu'on leur communique.
« La malade est à la fois, on peut le dire, hémiléthargique et hémicataleptique. L'hémiléthargie ou l'hémicatalepsie peut indifféremment occuper Fun ou l'autre côté du corps ^ »
1. Je renvoie le lecteur à une série de mémoires de MM. Cliarcol et Richer, parus dans les Archives de neurologie, en 1881 et 18S2, sur Yllypnolismc chez les hystériques. Il y trouvera une élude détaillée de
'la conlraature des muscles pendant l'hyperexcitabilité neuro-musculaire.