Mauby, loc. cit., p. 126 et
rais multiplier de pareils exeniples qui prouvent que l'essence du rêve est une sensation. Les idées que provoque cette sensation en réveillent d'autres, et, par suite de cette singulière association d'idées , les rêves atteignent souvent une très grande complexité. Ce qu'il est important de noter, c'est que ces rêves peuvent être provoqués, car c'est une voie ouverte à l'introduction de l'expérimentation dans l'étude de ces phénomèmes, qui ont si longtemps passé pour mystérieux. GarlVogt raconte, dans ses Lettres physiologiques, un bien joli rêve produit aussi par une impression périphérique. « Je sais par ma propre expérience, dit-il, que je rêvais beaucoup quand j'étais encore gamin et que je lisais en buvant de la bière beaucoup plus de romans de chevalerie qu'il ne le fallait dans l'intérêt de mon instruction scolaire et de ma santé. Je rêvais beaucoup de batailles et de combats, d'attaques courageuses et de retraites savamment combinées, et à la fin du rêve je restais ordinairement seul en vie; puis je me retirais dans une maison isolée, et j'allais me coucher au fond d'un Ht d'où je ne sortais plus. J'échappais souvent de cette manière, mais quelquefois l'ennemi me découvrait et me massacrait. Je sentais le poignard dans la blessure, -je sentais le sang couler sur mon corps, et quand je me réveillais mon lit était mouillé Il est indubitable que
l'excès de boisson avait irrité le col de la vessie et que le cerveau dormant avait fait de ce besoin d'uriner un roman qui se terminait ordinairement par une correction »
Le sommeil étant le plus intense dans les premières heures, des rêves tels que ceux dont nous venons de parler se présentent ordinairement plus tard, ils sont précédés par ceux qui sont la suite de l'activité cérébrale à l'état de veille et sont composés de scènes appartenant aux préoccupations des derniers moments de la journée.
Quant à leur durée, les rêves varient beaucoup. J'ai eu l'occasion d'observer une personne qui, parlant à haute voix pendant son sommeil, traduisait dans un langage plus ou moins compréhensible les rêves qui hantaient son cerveau. Or il m'est arrivé de la suivre pendant plusieurs heures de suite (jusqu'à cinq) et de me convaincre par les caractères de son agitation qu'elle était concomitante à un même rêve longtemps continué, ce que le sujet me confirma du reste à son réveil. Il lui est arrivé de s'éveiller complètement au beau miheu d'un rêve , de reprendre son jugement d'une manière suffisante pour avoir la pleine conscience qu'elle venait de couper court à un rêve angoissant, puis après quelques minutes de se rendormir et de continuer le rêve interrompu. La