LE SO^MMEIL PROVOQUE
contractions des muscles leur paraissaient ralentis ou suspendus et q ie,dans la seconde, la conscience des perceptions et des idées associées était moins effacée ; qu'ensuite il y avait un retour progressif vers la vie active ; mais ils n'ont jamais soupçonné le signe de distinction et de séparation de ces deux formes, l'oubli au réveil, ni reconnu que leur cause première, c'est l'attention accumulée, inerte su" une idée ou se mouvant sur une série d'idées ; en d'autres termes, ils n'ont pas reconnu que leur point de départ, c'est la pensée en arrêt ou ralentie, capable de recevoir une impulsion et de s'ébranler parfois avec une grande énergie.
Gomme conclusion des considérations générales qui précèdent, je suis donc conduit à diviser en deux parties ce que j'ai à dire sur le sommeil. Suivant la marche naturelle des choses, dans la première, je devrais parler du sommeil profond ou somnambulique qui, lorsqu'il existe, est consécutif aux signes avant-coureurs de l'état de repos, et, dans la seconde, je devrais aborder le sommeil léger ; mais, ne m'occupant de ce dernier que d'une manière secondaire, j'ai interverti cet ordre pour plus de clarté ^.
* On m'a reproché, avec quelque raison, d'avoir, dans ma première édition, admis à priori la similitude du sommeil ordinaire et du sommeil provoqué. El en eflet, il fallait en donner des preuves, et faire metlriî le doigt aulectour sur ce qui «litrérencie au moins en apparence, ces é'als passifs d'un même ordre. C'est ce que je fais ici. Celte différence lient à la manière dont les sujets s'endorment. Le dormeur ordinaire entre dans le sommeil p:ir une suggestion qu'il se fait à luimême : celle de dormir; tandis que le dormeur artificiel y eiilre par une suggestion semblable, mais qui lui est faite. C'est la même chose au fond. De la suggestion que l'on se fait et de celle qu'on reçoit dos autres, il s'en suit(iue: par la première, ons'isolede tout ce qui se fasse autour de soi, et «jue, par la seconde, ou ne cesse de rester encore en rapport par les sens avec l'opérateur; car en s'endormant, on continue à le sentir à l'entendre, etc. De là la production du signe différentiel des deux sommeils : la catalepsie chez le dormeur artificiel. C'est parce que le sujet hypnolisé reste seul en comminicatioii par les S3ns avec celui