DES TABLES TOURNANTES
sition. Parmi les personnes qui ont les mains appliquéessur un guéridon dans l'intention de le faire tourner, il en est qui passent aussi dans des états analogues au sommeil. Une fois sous le charme, leur attention se dédouble: pendant qu'une partie de celle-ci est portée activement à voir si la table s'ébranle, une autre partie se met en arrêt sur l'idée principale qui occupe leur esprit ; et insciemment, par rinOuence de la pensée de désir formulée primitivement, leurs mains obéissent à celte pensée comme à un ordre transmis et font mouvoir le meuble sur lequel elles s'appuient. Chacune de ces personnes, si elle a confiance à ses voisines, reste émerveillée de la rotation à laquelle elle est convaincue de ne pas participer activement. On en rencontre qui mettent en branle les tables les plus massives. Pour exécuter, à leur insu, des eCrort& si violents, ces derniers tombent dans un véritable somnambulisme ', car, lorsqu'elles ont fini leur promenade circulaire, elles sortent de cet exercice sans en garder le plus faible souvenir, et cette absence de mémoire augmente leur certitude de n'avoir pas aidé au mouvement. Ces derniers personnages, rêveurs somnambules en actions ; on les a appelés : médiums, parce qu'ils sont regardés par les amis du merveilleux comme des intermédiaires des puissances surnaturelles.
Les phénomènes de la rotation des tables et autresobjets; phénomènes connus des Grecs, des Romains, et même des Hébreux, ont donné lieu à toutes sortes d'explications erronées; et sous ce rapport, les modernes ne se montrent pas plus raisonnables que les anciens. A l'intluence de volontés supérieures agissant sur les vo-
* C'est bien là une preuve que le sommeil naît à la suile d'un dcdoul.lemont de r.nltcnlion, puisqu'il succède, ici. à un éiat intermédiaire à la veille peiidnnt lequel celle f>rce se pré-^enlait d''jà pnriagée^ vers deux courants u|»[)Oics, l'un conscient, l'autre inc>in-cieiil.
lontés humaines, ou d'esprits obéissant aux évocations qui leur sont faites, ils ont ajouté une autre cause hypotliétique : Faction d'un fluide émergeant des doigts à l'instar de l'électricité qui se dégage des conducteurs d'une machine électrique. Ce serait perdre son temps que de combattre cette dernière erreur tant de fois réfutée.