I. — Suggestion à ij2 jours d'intervalle (i
Le 14 juillet 1884, Taprès-midi, après avoir mis W^^ A... E.., en état de sommeil hypnotique, je lui fais la suggestion suivante (Je transcris la note prise sur mon cahier d'observations) :
« Le i«^ janvier i885, à dix heures du matin, vous me verrez; je viendrai vous souhaiter la bonne année; puis après vous l'avoir souhaité, je disparaîtrai. »
Le i«^ janvier i885, j'étais à Paris (M"« A...
(i) Ce fait a été communiqué à la Société de psychologie physiologique dans sa séance du 29 juin i885.
E..., habite Nancy). Je n'avais parlé à personne de cette suggestion.
Voici ce que le jour même elle raconta à une de ses amies, et ce qu'elle me dit plus tard, ainsi qu'au D' Liébeault et à d'autres personnes.
Le i^'' janvier, à dix heures du matin, elle se trouvait dans sa chambre quand elle entendit frapper à sa porte.
Après avoir dit : « Ouvrez », elle me vit entrer à sa grande surprise et lui souhaiter de vive voix la bonne année.
Je repartis presque aussitôt et, quoiqu'elle se mît de suite à la fenêtre pour me voir sortir, elle ne m'aperçut pas. Elle remarqua aussi, ce qui ne laissa pas de l'étonner à cette époque de Tannée, que j'avais un habillement d'été (c'était celui-là même que je portais le jour où je lui avais fait la suggestion).
On eut beau lui faire observer que j'étais à Paris à cette date et que je ne pouvais avoir été chez elle le i®"* janvier, elle persista à soutenir qu'elle m'avait vu, et aujourd'hui encore, malgré mes affirmations, elle est convaincue que je me suis présenté chez elle.
Ainsi, après 172 jours d'intervalle, la sug-