IX. — Quelques mots su?- l'École de Nancy
On parle beaucoup aujourd'hui de VÉcole de Nancy ^ quelques-uns pour en dire du bien, beaucoup pour Tattaquer.
Il y a dans cette appellation d'Ecole, qui 7ious a été appliquée^ quelque chose qui ne répond pas exactement à la réalité. Le terme Ecole implique un corps de doctrine cohérent et coordonné dans lequel tout se tient, une collectivité en un mot dont tous les membres partagent les mêmes idées ; c'est ainsi qu'on disait autrefois : VÉcole de Montpellier.^ et qu'on dit aujourd'hui Y Ecole de la Salpêtrière. Le public qui accepte volontiers les étiquettes toutes faites sans s'inquiéter beaucoup des idées qui sont dessous, parait voir dans l'Ecole de Nancy quelque chose de semblable et cela avec d'autant plus de facilité qu'on la pose en antagonisme avec TÉcole de la Salpêtrière. On a ainsi deux écoles en présence ; Hippocrate dit : oui et Galien dit : non \
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l'opposition est bien tranchée et la situation est nette et le public, dans la vie comme au théâtre, aime les situations nettes.
Au point où la question du somnambulisme provoqué en est arrivée, il me paraît utile de chercher ce qu'il y a de juste et ce qu'il y a de faux dans cette appellation d'école et de préciser ce qu'on doit entendre par ce qu'on a nommé V Ecole de Nancy.
Je ne ferai pas un historique déjà fait plusieurs fois; j'en résumerai seulement les points principaux.
C'est en 1866 que M. Liébcault publia son livre sur le sommeil et les états analogues. Ce livre, on le sait, passa inaperçu.
En 1882, M. Dumont, chef des travaux de physique à la Faculté de médecine, ayant eu occasion de suivre les consultations de M. Liébeault, se trouva convaincu de la réalité des phénomènes auxquels il avait assisté, fit lui-même quelques essais à l'Asile de Maréville, et présenta en r882 à la Société de médecine de Nancy, quatre sujets sur lesquels il fit un certain nombre d'expériences. M. Dumont n'a du reste rien publié sur ce sujet.
2«V) QUF.LQUES MOTS SUR l/ÉCOLE DE NANCY
M. Bcrnhcim, professeur de clinique â la Faculicde médecine, aborda à son tour la question et publia en 1884 un travail sur la su/{p;estion, travail qui fit sensation et dans lequel il eut le mérite de déterminer d'une façon précise, en élargissant les idées de Braid et de M. Liébeault, le rôle de la suggestion dans les phénomènes somnambuliques.
Bientôt après, M. Liégeois, professeur à la Faculté de droit, avait le courage d'entrer résolument dans la voie tracée par ses prédécesseurs, et lisait, devant l'Académie des sciences morales et politiques, son Mémoire sur la Suggestion hypnotique dans ses rapports arec le droit civil et criminel.
J'avais moi-même en i885 publié (i) les deux études qui composent cet ouvrage.
On peut aussi rattacher à TÉcole de Nancy M. Focachon, pharmacien à Charmes (Vosges), avec lequel j'ai pu faire une partie des expériences mentionnées dans la partie physiologique de ce travail.
Il est à Nancy d'autres médecins qui s'occupent de ces questions, M. E. Lévy entre autres,
(i) Revue philosophique et Revue médicale de l'Est.