CHAPITRE IX
$ 1. — l'organe de l’ouiïe chez l’homme.
Tous les phénomènes physiques se révèlent à l’homme par les impressions qu'ils produisent sur ses organes. Ce sont d’abord pour lui des sensations, simples ou composées, suivant qu’un ou plusieurs sens concourent à leur production. Ainsi c’est par l'intermédiaire de l’organe de la vue, de l'œil, que nous percevons la lumière, par le toucher que nous avons la sensation de la chaleur; l'effort que font nos muscles pour soulever un corps pesant, la vue d’une pierre qui tombe nous révèlent l’existence de la pesanteur; l'oreille enfin nous donne la sensation du son.
Mais, pour étudier les phénomènes en eux-mêmes, pour: trouver les conditions et les lois de leur production, il importe que nous démêlions dans les sensations éprouvées ce qui appartient à nos organes de ce qui leur est étranger, extérieur : à cette con-
dition seulement, la nature propre des phénomènes devient accessible à notre intelligence. A la vérité, cette abstraction n’est jamais complète, puisqu'il n'est pas une observation, pas une expérience qui ne nécessite la présence de l’homme et l’intervention de l’un ou l’autre de ses sens pour constater les résultats. Comment donc parvenons-nous à faire abstraction pour ainsi dire de nous-mêmes dans l’étude des phénomènes physiques ? C’est en variant de toutes les manières possibles leurs modes de production, ainsi que les méthodes dont nous nous servons pour les observer; en un mot, c’est par le contrôle mutuel des sensations les unes par les autres que. la vérité peu à peu se fait jour, et que les phénomènes nous apparaissent dans leur indé- ‘ pendance.
Grâce à l'emploi de ces méthodes, nous savons maintenant ce que c’est que le son : nous savons qu'il consiste en un mouvement particulier des molécules des corps élastiques, solides, liquides ou gazeux. Nous avons constaté l’existence des vibrations sonores et étudié leurs lois. Il nous reste. maintenant à savoir comment ces vibrations se communiquent à nos organes, jusqu’au moment où. faisant, pour ainsi dire, partie intégrante de notre être, lébranlement qu’elles communiquent à nos nerfs se transforme en une sensation particulière, qui est la sensation du son. L’oreille est l’appareil spécial, chargé, chez: l’homme et chez tous les animaux, de recueillir les vibrations sonores et de les transmettre au nerf auditif. Essayons de faire comprendre d’après les anatomistes, la disposition et le rôle des diverses parties de cet organe.
à x ann ri
trée du conduit auditif B, sorte de tube, de tuyau «
Tout le monde connaît l'oreille externe, située de chaque côté de la tête et composée de deux parties, le pavillon et le conduit auditif. |
Le pavillon A (fig. 67) consiste en une membrane cartilagineuse dont la forme varie selon les individus, mais le plus souvent offre le contour d’un ovale
L (fl || I ' rl |; . “ . 2 . 4 Fig. 67. — L'oreille humaine ; vue intérieure. À, Pavillon, — B, Conduit auditif, — €, Membrane du tymvan. — E. En- L clame. — M, Marteau. — H, Limacon, — G, Canaux) semi-cireulaires,
— 1, Trompe d’Eustache.
irrégulier aminci à sa partie inférieure. Au centre, un entonnoir arrondi, évasé, la conque, forme l’en- .
sonore, qui se termine à une certaine profondeur, au point même où commence ce qu'on nomme.
l'oreille moyenne. Là, se trouve séparée du conduit -
- auditif par une membrane très-mince et très-délicate C, nommée le tympan, une sorte de tambour D; connu sous le.nom de caisse du tympan. La membrane du tympan est inclinée assez obliquement sur l’axe du conduit auditif, de sorte que sa surface est notablement plus grande que la section droite du conduit, au point de son insertion. La caisse du tympan est percée de quatre ouvertures : deux sont pratiquées dans la paroi qui fait face à la membrane, et comme l’une est de forme circulaire, l’autre elliptique, on les distingue sous les noms de fenétre ronde et de fenêtre ovale. A la partie inférieure du tympan débouche, par la troisième ouverture, un canal I, qui fait communiquer l'oreille moyenne : avec l’air extérieur par lintermédiaire des fosses’ nasales. Enfin, une quatrième ouverture se trouve à la partie supérieure de la caisse. À l’intérieur du tympan, on voit une suite de petits os qu’on nomme la chaîne des osselets et dont la figure 68 repré- , Fig. 68. — Détails de la
- caisse du {ympan.
sente les formes et les positions relatives. L'un, le marteau M, s'appuie d’une part sur la membrane du tympan, de l’autre sur lenclume E. Les deux autres sont l’os lenticulaire L et l’étrier K, ainsi nommés l’un et l’autre à cause de leur. forme. La base de l’étrier est unie avec la membrane qui sert de cloison à la fenêtre ovale. Deux petits muscles servent à mouvoir le marteau et l’étrier, et à les appuyér avec plus ou moins de force contre les membranes voisines.