INTERFÉRENCES
forme une figure de Chladni avec les concamérations vibrantes A, B, A', B'. Les vibrations dans deux concamérations voisines, par exemple en A' et B', se font à contretemps , car les molécules en A' s'abaissent quand celles
Fig. 24.
en B' s'élèvent et réciproquement ; ou elles sont égales comme A et A'. D G Ë est un tuyau bifurqué qui donne par lui-même le son de la lame, et est fermé à la partie supérieure par une feuille de papier, destinée à indiquer les vibrations qui se produisent dans le tuyau.
Gela posé, je fais vibrer la lame; le sable m'indique tout de suite la manière dont elle vibre. Je place, mais sans toucher la lame, les branches D et E du tuyau sur deux points, comme A et A', qui ont un mouvement identique. Le sable de la membrane saute et se dispose d'une manière régulière ; cela signifie que l'air vibre dans les tuyaux, parce que les vibrations de A et de A' s'ajoutent dans leurs effets. Je place maintenant les branches du tuyau sur deux points A' et B' de mouvement opposé ; l'effet est nul, le sable ne sautille plus.
De tout cela nous pouvons conclure que, quand deux mou-
BLASERNA. r
vements vibratoires égaux et simultanés se superposent, ils s'ajoutent : qu'ils se détruisent au contraire dans leurs effets quand ils sont égaux mais de sens contraire.
4. Il est intéressant de savoir ce qui arrive quand il se produit simultanément deux sons qui sont presque, mais non complètement identiques, et par suite n'ont pas exactement le même nombre de vibrations. Il se produit alors un phénomène nouveau, connu sous le nom de battements.
Je veux avant tout montrer ce que sont ces battements. Je prends deux tuyaux d'orgue très-grands, égaux entre eux, et qui me donnent deux sons graves, forts et parfaitement identiques. Je les place sur la soufflerie et je les mets successivement en action. Les sons sont réellement les mêmes. En faisant résonner les deux tuyaux en même temps, j'obtiens de nouveau le même son avec une intensité double, et rien de plus.
Mais les tuyaux sont construits de manière que je puisse facilement faire monter un peu le son de l'un ou de l'autre. A cet effet se trouve sur une des parois, en haut du tuyau, une ouverture fermée par une tablette mobile. En abaissant plus ou moins cette tablette, j'agrandis plus ou moins cette ouverture et j'obtiens ainsi un effet comparable à celui qui se produit quand on raccourcit le tuyau. Le son monte légèrement, et au moyen de la tablette mobile je puis le régler à volonté.
Gela posé, je fais monter légèrement le son dans un des tuyaux, La différence entre les deux sons est si petite qu'une oreille , même exercée , ne pourrait pas facilement l'apprécier pour des sons aussi graves. Mais, si l'on fait résonner les deux tuyaux ensemble, on a un son d'intensité variable, tantôt fort tantôt faible, et nous entendons des renforcements ou des chocs bien marqués. Ces chocs sont précisément des battements. Dans ce cas, les battements étaient très -lents. Il y en avait à peu près un par seconde. Gela vient de ce que les sons