GAMME MAJEURE
pour produire ainsi l'un ou l'autre son. C'est une sirène dont le mouvement de rotation se fait indépendamment du courant d'air qui souffle. Les huit cercles, en commençant par ie cercle intérieur, ont les nombres suivants de trous :
Or, comme le nombre des vibrations des sons produits est proportionnel au nombre des chocs, c'est-à-dire au nombre des trous, il s'ensuit qu'à vitesse égale, les nombres ci- dessous expriment les valeurs relatives des vibrations. En les divisant par 24, on a :
J'attends que le disque prenne une vitesse uniforme; puis je souffle successivement sur les divers cercles de trous et vous entendez qu'on obtient la gamme majeure. Je dois ajouter qu'elle est parfaite, parce qu'elle satisfait, même théoriquement, à la loi des rapports exacts.
La gamme majeure est donc constituée par le^ rapports suivants :
que nous appelons :
ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut.
Gomme on le voit, la tierce majeure r» la quarte -q? la
quinte g» la sixte kj sont des accords consonnants que nous
avons trouvés également au moyen de la théorie. Ce sont les rapports les plus simples qu'on puisse imaginer. On voit
de plus que ces rapports remplacent avantageusement quelques-uns des plus compliqués de la gamme pythagoricienne, spécialement la tierce et la sixte qui étaient dissonnantes et qui deviennent au contraire consonnantes. La seconde,
ô' est la même, et la septième, -q-' est notablement simpli-
fiée. On peut dire que cette gamme n'est autre chose qu'une modification de la gamme pythagoricienne, conservant à peu près les mêmes sons, et les changeant seulement de façon qu'ils satisfassent à la loi des rapports simples. Il est clair et évident que la gamme naturelle doit se prêter à l'harmonie, et la gamme pythagoricienne lui était décidément contraire.
Mais il ne suffit pas que les rapports avec le son fondamental soient simples ; il faut aussi qu'ils soient simples entre eux. Je ne puis pas examiner ici la question dans tous ses détails; je veux néanmoins faire connaître les propriétés les plus remarquables de notre gamme majeure. Nous appelons intervalle le rapport qui existe entre un son et le son précédent ; ce rapport s'obtient en divisant l'un par l'autre les nombres de vibrations. A ce point de vue, la comparaison avec la gamme pythagoricienne est très-instructive. La gamme pythagoricienne est exprimée par les rapports suivants :
Les intervalles sont :
Dans la gamme pythagoricienne il y a donc deux catégo-
ries d'intervalles : les uns de g plutôt grands, que nous