FLAMMES CHANTANTES
mière expérience, éclate bientôt ; c’est encore une sorte d’ouragan de son. En diminuant la flamme, on fait disparaître le
Fig. 107.
son fondamental, et l’on entend le premier harmonique du tube. Rendons la flamme encore plus petite, le premier harmonique est remplacé par le second. Yos oreilles^ étant devenues habiles à saisir les sons, je donne de nouveau au gaz son plein essor. Yous reconnaissez mêlés au son fondamental ses harmoniques ; on dirait une lutte dans laquelle chacun de ces sons s’efforce de dominer le bruit général.
LEÇON VI
Avec un grand bec à gaz de Bunsen, en pomme d’arrosoir, le son de ce tube devient assez fort pour ébranler le parquet, les meubles de cette salle, mes nombreux auditeurs euxmêmes sur leurs sièges; et l’extinction de la flamme, résultat de la réaction de ses pulsations sonores, s’annonce par une explosion aussi violente qu’un coup de pistolet. Vous comprenez, sans que j’aie besoin de vous le dire, qu’une cheminée est un tube de cette espèce, mais de proportions plus grandes, et que le ronflement de la flamme dans l’âtre est une grossière ébauche de son musical.
Considérons maintenant des tubes plus courts et des flammes plus petites. Voici une série de huit tubes ; je les place au-dessus d’autant de flammes : chacun d’eux chante, et vous remarquez qu’à mesure que les tubes sont plus longs les sons rendus sont plus graves. Les longueurs de ces tubes ont été choisies de telle sorte qu’ils rendent les huitnotes de la gamme. Autour de quelques-uns vous voyez un curseur ou tuyau mobile en papier s [fig. 108), à l’aide duquel on peut allonger ou raccourcir le tube sonore. Pendant que la flamme chante, je fais monter le curseur, et le ton baisse aussitôt. Je fais descendre le curseur, et le ton s’élève. Ces expériences prouvent que la flamme est gouvernée par le tube. La réaction exercée sur elle par les pulsations réfléchies rend ses frémissements parfaitement périodiques, et la longueur de la période est déterminée, comme dans le cas des tuyaux d’orgue, par la longueur du tube.
Les étoiles fixes, surtout celles voisines de l’horizon, ont une lumière vacillante dont la couleur varie quelquefois dans l’acte de ce qu’on appelle leur scintillation. J’ai souvent observé la nuit, sur les plateaux des Alpes, les éclairs alternatifs de rubis et d’émeraude qui jaillissaient des étoiles les plus brillantes et les moins élevées au-dessus de l’horizon. Placez un miroir dans une position telle que