INFLUENCE DU TON DU SON
même flamme. Mais en outre de leurs sons fondamentaux, ces diapasons, comme vous le savez, peuvent rendre des sons harmoniques de tons très-élevés. Je leur fais rendre cessons : ils donnent maintenant 1 600, 2 000, 2 400 et 3 200 vibrations par seconde. La flamme tressaille à chacun des quatre sons, mais le son le plus élevé de la série est celui qui obtient la réponse la plus prompte et la plus énergique.
La flamme répond au coup du marteau tombant sur une planche, mais sa réponse au coup du marteau tombant sur une enclume est plus éveillée et plus vive. La raison en est que le son de l’enclume est riche en notes aiguës auxquelles la flamme est particulièrement sensible.
Le son si énergique produit par notre timbre, et renforcé par son tube résonnant, est presque sans effet sur cette flamme. Faisons-le retentir, la flamme reste impassible. Mettons une petite pièce de monnaie en contact avec la surface vibrante ; aussitôt la flamme se raccourcit, frémit et ron fle, parce que le contact de la pièce de monnaie a fait naître des sons plus aigus. Yoici un timbre plus petit dont le marteau est mis en action par un mouvement d’horlogerie. Mon préparateur le porte au point de la galerie le plus éloigné de nous et fait partir la détente. Les coups se succèdent par intervalles égaux, à chaque coup la flamme tombe de 50 à 20 centimètres, et ronfle chaque fois en tombant.
La vitesse avec laquelle le son se propage dans l’air est très-bien mise en évidence par ces expériences. Il n’y a pas d’intervalle sensible entre le coup du marteau et l’abaissement subit de la flamme.
Lorsque le son qui agit sur la flamme est de très-courte durée, on observe un effet curieux et instructif. Les côtés de la flamme, vers le milieu de sa longueur et au dessous, apparaissent tout-à-coup bordés de barbes lumineuses, tandis que la flamme centrale garde, en apparence, sa hauteur et
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sa largeur. La flamme est représentée dans son état normal par la figure 121, et avec ses franges par la figure 122.
Cet effet est dû à la persistance des impres- Fig. 121. Fig. 422. . * , , . 1
sions sur la retme. La flamme s abaisse, en
effet, à la hauteur des franges ; mais elle revient si promptement à sa hauteur primitive que pour fœil eïle ne semble en aucune manière raccourcie h
La plus merveilleuse des flammes, observées jusqu’ici, est actuellement sous vos yeux. Elle sort de l’orifice unique d’un bec en stéatite, et s’élève à la hauteur de 60 centimètres. Le coup le plus léger, frappé .sur une enclume placée à une grande distance, la réduit à 17 centimètres. Les chocs d’un trousseau de clefs l’agitent violemment, et vous entendez ses ronflements énergiques.
A la distance de 20 mètres faisons tomber I une pièce de cinquante centimes sur quel- J ques gros sous tenus dans la main, ce choc ] si léger abat la flamme. Je ne puis pas marcher sur le plancher sans l’agiter. Les ! craquements de mes bottes la mettent en commotion violente. Le chiffonnement ou la déchirure d’un morceau de papier, le frôlement d’une étoffe de soie produisent le même effet. Une goutte de pluie qui tombe la réveille en sursaut. On a placé près d’elle une montre, aucun de vous ne peut en entendre le tic-tac, voyez cependant quel effet il exerce sur la flamme : chaque battement l’écrase ; si on remonte le j mouvement, c’est pour la flamme un tumulte effrayant.
1 On peut modifier ces expériences de mille manières différentes. On peut employer d’autres gaz inflammables que le gaz de la bouille. Des mélanges de divers gaz donnent des effets très-frappants et très-beaux ; les plus légères traces d’impureté mécanique influent considérablement sur les résultats.