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ÉCHOS

fut accidentellement découvert, et la personne qui l’avait trouvé prit plaisir à écouter et à faire écouter par ses amis des aveux que le prêtre seul devait entendre. Un jour, diton, que le confessionnal était occupé par sa propre femme, il fut initié, lui et ses amis, à des secrets qui n’avaient rien d’agréable pour lui.

Lorsqu’il existe un intervalle suffisant entre le son direct et le son réfléchi, celui-ci devient un écho . Le son réfléchi se propage avec la même vitesse que le son direct, de sorte que, dans l’air, à la température de la glace fondante, si l’on tire un coup de pistolet en face d’un mur distant de 332 mètres, on entend l’écho deux secondes après l’explosion.

Le son, comme la lumière, peut subir plusieurs réflexions successives ; mais, de même que la lumière s’affaiblit en se réfléchissant, de même aussi les échos successifs sont de plus en plus faibles. Dans les pays de montagnes, cette répétition, avec affaiblissement graduel du son, produit des effets qui surprennent et amusent singulièrement. Les personnes qui ont visité Killarney ne peuvent oublier le célèbre écho de la caverne de Dunloe. Quand on sonne de la trompette en un certain point* de la caverne, le son réfléchi, après une, deux ou trois réflexions sur les flancs escarpés des* rochers, semble mourir peu à peu de la manière la plus agréable pour l’oreille. Il y a en Suisse, près de Rosenlaui, un profond cul-de-sac , nommé l’Ochensthal, où le babil des échos n’est pas moins étonnant. Le son du cornet des bergers alpins, retentissant sur les rochers du Wetterhorn ou de la Jungfrau, est dur au premier instant; mais les notes perdent leur âpreté par des réflexions successives ; bientôt elles ont la douceur des sons de la flûte, et la sensation de leur diminution incessante d’intensité fait croire que la source des sons va se perdant dans les solitudes lointaines de glace et de neige.

Dans les chambres très-spacieuses et non garnies de

LEÇON I

meubles, on a quelquefois l’occasion de faire des remarques intéressantes. Si, par exemple, on se tient sur le bord de la galerie supérieure de la Bourse, à Paris, on est abasourdi par le vacarme étrange des voix de la multitude animée qui s’agite en bas. Vous voyez tous les mouvements des lèvres aussi bien que des mains et des bras, vous savez qu’on parle, mais ce qu’on dit, vous ne le percevez pas. C’est que le mélange des voix avec leurs échos forme un chaos de bruit d’où ne saurait sortir aucune expression intelligible. Les meubles et les draperies des chambres amortissent les échos. Souvent la voix d’un orateur, dans une grande salle, ne devient intelligible que par la présence d’un nombreux auditoire ; dans la salle vide, la résonnance ou les échos rendraient la voix confuse. Le 16 mai 1865, ayant à faire une lecture dans la salle du Sénat de l’Université de Cambridge, je fis d’abord quelques expériences sur l’intensité que je devais donner à ma voix pour arriver à remplir la salle, et je fus déconcerté de trouver qu’un ami, placé à quelque distance de moi, ne pouvait m’entendre distinctement, par suite de la résonnance des échos. Et cependant, lorsque^ mon auditoire fut réuni, les ondes sonores étaient assez amorties pour qu’il n’y eût plus d’échos, et ma voix fut parfaitement entendue de tous les points de la salle.

Les nuages aussi réfléchissent le son. Quand le ciel est clair, le bruit du canon, dans une vaste plaine, est bref et sec ; tandis qu’un nuage suffit, en répercutant le son, pour produire, par un effet d’écho, un roulement comparable à Celui du tonnerre. Un faible écho nait quelquefois du passage du son d’une masse d’air dans une autre de densité différente. Humboldt rapporte que , d’une certaine position dans la plaine d’Antures, le bruit de la grande chute de l’Orénoque ressemble au tumulte des flots qui se brisent sur un rivage rocheux, et il ajoute, comme une circonstance remarquable,

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