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FLAMME AUX VOYELLES

inétal renfermant de l’air comprimé. J’ouvre un instant le robinet, et je laisse échapper une bouffée d’air; la flamme s’abaisse sur-le-champ, mais non par un courant d’air allant de la boite à la flamme, la distance rend ce mode d’action complètement impossible : mais c’est que le bruit de l’air sortant de la boîte contient le son qui affecte la flamme. Placé dans la galerie, le préparateur ouvrira périodiquement la boite, et en laissera sortir des bouffées d’air ; à chaque bouffée la flamme s’abaissera. Il est donc vrai que la sortie de l’air du second orifice rend tumultueuse la flamme du gaz issu du premier. Je pose enfin sur la table cette boite de musique, et je lui fais jouer son air. La flamme se comporte comme un être sensible, faisant un léger salut à certains sons, et accueillant les autres avec une courtoisie profonde.

Je m’étais proposé, aune certaine époque, de n’aborder la question des flammes sensibles qu’après une série d’expériences qui vous auraient paru très-frappantes, si vous n’aviez pas été témoins des phénomènes que j’ai fait passer sous vos yeux. Ce n’est pas à la flamme, en tant que flamme, que nous devons ces effets extraordinaires. On en obtient de substantiellement identiques, quand on fait passer par de petits orifices, sous une pression convenable, des jets de gaz non enflammés, d’acide carbonique, d’hydrogène, ou même d’air. Toutefois, comme aucun de ces gaz n’est visible par lui-même, à sa sortie de l’ orifice, il est nécessaire de leur associer une substance visible qui, en partageant leurs mouvements, les révèle à nos yeux. La méthode employée de temps en temps dans cet amphithéâtre pour rendre visibles des tourbillons de l’air vous est parfaitement connue . Par de petits coups frappés sur une membrane qui ferme la large ouverture d’un entonnoir rempli de fumée, nous obtenons de belles couronnes de fumée qui dessinent les mouvements de l’air. En associant de la fumée à nos jets de gaz, dans nos expériences actuelles, nous

LEÇON VI

pourrons les suivre des yeux dans leurs trajets, et constater que ces gaz non enflammés se montrent aussi sensibles que les flammes. Les jets de fumée dansent, se bifurquent, se raccourcissent, s’allongent en colonnes, dès que la note qui leur convient se fait entendre. Nous allons faire dans cette voie quelques expériences intéressantes. Au-dessous d’un gazomètre, nous installons deux soucoupes contenant, l’une de l’acide chlorhydrique, l’autre de l’ammoniaque. Il se forme en abondance des fumées de sel ammoniacal qui se mêlent au gaz du réservoir. Nous pouvons opérer ainsi sur du gaz d’éclairage, de l’acide carbonique, de l’air ou de l’hydrogène. Chacun de ces gaz donne de bons résultats. Mais notre excellent bec de stéatite conserve ici la supériorité qu’il manifestait avec les flammes. J’en fais sortir une mince colonne de fumée. Je fais sonnerie sifflet, si efficace, quand il s’agissait des flammes : il se montre tout à fait impuissant. Je mets en jeu, sans plus de succès, les notes les plus élevées d’une série de tuyaux de pan. Les notes plus basses ne seront pas plus efficaces. Mais au son rendu par un certain tuyau qui occupe le milieu de la série, la colonne de fumée s’abat tout-à-coup, prenant la forme d’une tige courte, surmontée d’une tête touffue. Elle est aussi abattue comme par un courant d’air vertical, quand on frappe sur la table. Elle tombe à chaque coup. Le bruit du marteau frappé sur une enclume est au contraire presque sans effet. Les notes efficaces sont ici beaucoup moins élevées que dans le cas des flammes.

Le rétrécissement que subissent ces colonnes de fumée est plus considérable, relativement à leur longueur, que lorsqu’il s’agissait des flammes ; un choc léger sur la table suffit pour amener à l’état de bouquet touffu surmontant une tige de 2 à 3 centimètres un jet de fumée haut de 45 centimètres. La colonne de fumée répond en outre à la voix. La toux l’abat sur-le-champ , et le son de la boite de musique

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