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ACTION DU SON SUR LES JETS DE FUMÉE

la fait danser. Quelques notes n’ont d’autre effet que d’arrondir en bouquet le sommet de la colonne de fumée . Sous l’action d’autres notes le bouquet se forme vers la moitié de la tige ; sous l’action de quelques autres notes enfin, de ton mieux choisi et plus sympathique, le bouquet ou cumulas se forme à 2 ou 3 centimètres au-dessus de l’orifice. Si les sons musicaux continuent à se faire entendre, le mouvement de la colonne de fumée consiste en sauts ou passages brusques d’une de ces formes à l’autre. Les figures 123 et 123 bis représentent quelques-unes de ces formes curieuses.

Fig. 125.

Fig. 125 hi s.

Dans une atmosphère parfaitement tranquille, ces minces colonnes de fumée peuvent s'élever à une hauteur d’environ 60 centimètres, se fondant dans l’air à leur sommet. Quand il en est ainsi, leur impressionnabilité dépasse de beaucoup en délicatesse celle des flammes même les plus sensibles, et quoique moins frappants dans leur aspect que les flammes, les jets de fumée sont souvent plus gracieux. Si je répétais les

vers de Racine en présence d’un jet de fumée sensible, ce ne seraient plus seulement certains mots, mais chaque mot, chaque syllabe qui troubleraient sa marche et le jetteraient dans la confusion. Mais pour que ces effets merveilleux se produisent, il faut une atmosphère parfaitement tranquille. Les expériences sur les flammes, au contraire, réussissent dans une atmosphère où les jets de fumée seraient absolument ingouvernables1.

Nous n’avons considéré dans ce qui précède que des jets de gaz d’éclairage enflammé ou non enflammé, d’acide carbonique, d’hydrogène et d’air ; étudions maintenant les jets d’eau. On connaît depuis longtemps une série de belles expériences qui ont une étroite parenté avec celles qui viennent d’être décrites. Ce sont les expériences de Félix Savart sur les veines liquides, que nous avons répétées, vérifiées et modifiées de diverses manières dans cet amphithéâtre . Si le fond d’un vase rempli d’eau est percé d’un orifice circulaire, la veine liquide qui en sort se compose de deux portions bien distinctes et qui ne sauraient être confondues. La portion de la veine la plus rapprochée de l’orifice est fixe et limpide, présentant presque l’apparence d’un béton de verre. Elle diminue de diamètre à mesure qu’elle descend, atteint un point de contraction maximum , à partir duquel elle apparaît agitée et trouble. La course de la veine est en outre marquée par des renflements et des contractions périodiques. Savart a représenté la veine telle qu’il la voyait dans la figure 126. a est l’orifice ou la naissance de la veine, la partie an est limpide et fixe, tandis que tout ce qui s’étend au-dessous est dans un état d’agitation tumultueuse. Cette portion inférieure de la veine a pour les yeux une

1 Si l’on pouvait voir des jets de gaz non enflammés, et sans mélange de fumée, je ne doute pas qu’on ne trouvât leur sensibilité plus grande encore.

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