CONSTITUTION DES VEINES FLUIDES
sur les cylindres liquides. Quelle que soit leur cause, les pulsations existent, et elles sont fortement influencées par les vibrations sonores, qui rendent la portion limpide de la veine plus courte qu’elle ne le serait autrement. Au centre d’une grande cité, il est difficile d’obtenir la tranquillité d’atmosphère nécessaire au plein développement de la portion continue .de la veine. Cependant, Savart était si habile à soustraire sa veine à l’influence de ces variations irrégulières, que la partie limpide s’allongeait autant que le représente la figure 128. La figure 126, il faut se le rappeler, représente la veine exposée aux vibrations irrégulières de la ville de Paris, tandis que la figure 128 représente une veine produite dans les mêmes conditions, mais soustraite aux vibrations de l’air et du sol de la capitale.
Les gouttes dans lesquelles la veine finit par se résoudre commencent à se former même dans la portion limpide, où elles annoncent leur présence sous forme de protubérances annulaires qui deviennent de plus en plus prononcées, et qui finissent par se détacher. Leur lieu d’origine est l’orifice luimême, et, même sous des pressions modérées, elles se succèdent les unes aux autres assez rapidement pour produire un faible son musical. On peut déterminer le ton de cette note en recevant les gouttes sur une membrane ; et voici que nous arrivons au trait d’union entre les phénomènes des veines liquides et ceux des flammes sensibles ou des jets de fumée. Si une note est émise à l’unisson de celle de la veine, la portion limpide se raccourcit immédiatement. Le ton du son peut varier dans une certaine étendue sans cesser de produire le raccourcissement, mais la note à l’unisson est la plus efficace de toutes. Les expériences de Savart sur les veines tombant verticalement , répétées dans le laboratoire de l’Institution royale, ont donné des résultats extrêmement remarquables. A la distance de 30 mètres, la portion limpide
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d’une veine tombant verticalement a été subitement raccourcie par le retentissement d’un tuyau d’orgue qui rendait un son d’intensité moyenne, mais de ton convenable, ni trop, ni trop peu élevé.
L’excellent expérimentateur français a fait aussi jaillir des veines dirigées horizontalement ou dans des directions obliques à l’horizon, et il a trouvé que dans certains cas les vibrations sonores avaient le pouvoir de diviser le jet en deux ou trois branches. Dans ces expériences, l’écoulement se faisait par un orifice en mince paroi, que nous remplacerons par notre appareil de prédilection, le bec en stéatite, qui avec l’eau garde la supériorité qu’il manifestait déjà avec les flammes et les jets de fumée. Il aura, en outre, l’avantage de nous révéler quelques effets entièrement nouveaux. Nous le relions par un tube en caoutchouc avec les conduites
Fig. 129.
Fig. 130.
Fig. 131.
d’eau de cet établissement, puis en le pointant obliquement nous lui faisons produire un beau jet parabolique ( fig . 129).