THÉORIE DES BATTEMENTS
et les interférences se suivent l’une l’autre plus rapidement, et la succession des battements est plus précipitée. Dans notre dernière expérience, l’un des diapasons accomplissait une vibration de plus que l’autre dans une seconde, et dans le même temps nous avions un battement. Actuellement l’un des diapasons vibre 250 fois et l’autre 256 fois par seconde, et le nombre des battements est de 6 par seconde. Un peu de réflexion suffit à faire comprendre que, dans l’intervalle exigé par l’un des diapasons pour vibrer une fois de plus que l’autre, il doit se produire un battement ; et comme dans le cas présent il y a six intervalles pareils dans une seconde, on doit avoir six battements dans le même temps. En un mot, le nombre des battements par seconde est toujours égal à la différence entre les deux nombres de vibrations des sons rendus.
Ces battements peuvent être produits par tous les corps sonores. Les deux grands tuyaux d’orgues que vous avez devant vous, lorsqu’on les fait sonner ensemble, donnent des battements très-intenses. Vous remarquez que l’un d’eux est un peu plus long que l’autre. Ces deux autres tuyaux sonnent parfaitement à l’unisson, parce que leurs longueurs sont parfaitement égales. Mais il me suffit de placer mon doigt près de l’embouchure de l’un de ces tuyaux (fig. 1 36), pour ralentir ses vibrations et produire les battements pressés et intenses que vous entendez. De même , si je place ma main au-dessus de l’ouverture supérieure de l’un, je diminue aussi sa vitesse de vibration, et je produis des battements qui se suivent l’un l’autre avec une rapidité croissante, à mesure que ma main réduit davantage l’orifice supérieur du tuyau. En soufflant avec plus de force, je fais résonneries deux premiers harmoniques des tuyaux. Les notes plus élevées interfèrent à leur tour, et vous entendez ces battements plus aigus.
LEÇON VII
On ne peut pas donner de ce phénomène une démonstration plus frappante que celle qui est fournie par deux flammes chantantes. Vous avez sous les yeux deux de ces flammes, et les tubes qui les entourent sont munis de curseurs à coulisses. Il n’y a pas de battements, parce que les tubes ne sont
Fig. 136.
pas assez près de l’unisson. J’allonge graduellement le tube le plus court en faisant glisser son curseur, et voici que vous entendez d’abord des battements rapides; ils deviennent ensuite plus rares, encore plus rares. Les flammes actuellement chantent à l’unisson parfait. Continuant le mouvement ascendant du curseur, je rends le tube trop long ; les battements recommencent, et ils s’accélèrent jusqu’à ce qu’enfin leur succession soit devenue assez rapide pour ne plus produire sur l’oreille que l’effet' d’un son dur. Les flammes, vous le voyez, dansent dans leurs tubes synchroniquement avec les battements. Ainsi que nous l’avons précédemment constaté, ces battements amènent une flamme silencieuse au sein de son tube à s’agiter lorsque la voix émet la note convenable, et à