‹ Le sonChapitre 127 sur 143 · COMBINAISON DES SONS MUSICAUX · texte numérisé non relu

COMBINAISON DES SONS MUSICAUX

petit 512. En conséquence, pour chaque onde sonore simple émise par le premier, il y a deux ondes émises par le second. Il n’est pas nécessaire que je dise aux musiciens demon auditoire que la combinaison de sons qu’ils entendent est celle d’un son fondamental avec son octave, et que je leur apprenne qu’après l’unisson parfait, ces deux notes, dont les nombres de vibrations sont dans le rapport de 1 à 2, se fondent l’une dans l’autre avec la plus agréable harmonie.

Faisons vibrer encore ensemble ces deux autres diapasons. La combinaison des deux sons flatte agréablement l’oreille, mais la consonnance n’est pas aussi absolument parfaite que dans le cas précédent. On a la sensation, quoiqu’à peine accusée, d’une certaine rudesse qui n’existait pas dans la fusion d’une note avec son octave. Cette espèce de rudesse peut cependant être considérée comme insignifiante ; elle n’empêche pas que la combinaison des deux sons plaise vraiment à l’oreille. Les deux nombres gravés sur ces deux diapasons apprennent qu’ils exécutent l’un 256, l’autre 384 vibrations par seconde. Ces nombres sont entre eux dans le rapport de 2 : 3; le second fait donc trois vibrations sonores pendant que le premier en fait deux. Les musiciens de mon auditoire en concluront que les deux notes sont séparées l’une de l’autre par l’intervalle appelé quinte. Après l’octave, c’est la combinaison qui charme le plus l’oreille.

Je change une fois encore les diapasons ; en voici deux qui résonnent simultanément en même temps. La combinaison est toujours agréable, moins cependant que la précédente. La rudesse qui commençait à se faire sentir est ici un peu plus prononcée. Un des diapasons fait 384 vibrations par seconde, et l’autre 512. Ces deux nombres sont dans le rapport de 3 : 4. Les musiciens ont donné à cet intervalle le nom de quarte.

Ainsi les rapports des nombres de vibrations sont : entre

LEÇON VIII

deux sons à l’unisson parfait 1 : 1 ; entre une note et son octave 1:2; entre une note et sa quinte 2 : 3 ; enfin entre une note et sa quarte 3:4. Nous voyons ainsi se développer graduellement cette loi remarquable, que la combinaison de deux notes est d'autant plus agréable à l'oreille , que le rapport de leurs vitesses de vibration est exprimé par des nombres plus simples. Passons à deux diapasons dont les vitesses de vibration sont comme 4:3, ou qui sont séparées par l’intervalle d’une tierce majeure; l’harmonie est moins parfaite que dans chacun des cas déjà examinés. Avec le rapport de 3 : 6 , ou d’une tierce mineure , elle est en général encore moins parfaite, et voici que nous approchons de la limite au-delà de laquelle une oreille musicale ne tolère plus la combinaison de deux sons Si nous prenions, par exemple, deux diapasons dont les vitesses de vibration fussent dans le rapport de 13 à 14, vous n’hésiteriez pas à déclarer que leur combinaison est tout à fait discordante. Il ne faut pas s’imaginer que le choix des combinaisons harmoniques ait été déterminé d’après des principes scientifiques. On les a choisies empiriquement, en raison du plaisir qu’elles causaient, longtemps avant qu’on sut quoi que ce soit de leur simplicité numérique.

Pythagore a fait le premier pas dans la recherche de l’interprétation physique de ces intervalles musicaux. Ce grand philosophe tendit une corde, et la divisa en trois parties égales. Il rendit parfaitement fixe un des points de division, de manière à former deux segments indépendants, et dont les longueurs étaient doubles l’une de l’autre. Il fit vibrer simultanément ces deux segments, et il trouva* que la note émise par le plus court était l’octave de la note émise par le plus long. 11 divisa ensuite la corde en deux parties, dont le rapport était celui de 2 : 3, et trouva que les notes étaient séparées par l’intervalle d’une quinte. En continuant à diviser

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