RÉFRACTION DU SON PAR LES LENTILLES
garnit l’intérieur présente une surface parfaitement lisse. Quand on y laisse tomber une épingle, on entend très-distinctement le bruit de sa chute dans l’eau. Une parole un peu haute ou un cri poussé à l’entrée du puits sont suivis d’un long retentissement 1 .
J’ai maintenant à signaler, entre le son et la lumière, une autre analogie fort importante, mise en évidence par M. Sondhauss2. Allumons notre lampe électrique, et plaçons en avant d’elle cette belle et grande lentille. La lentille a la propriété de faire dévier de leur direction primitive les rayons de lumière qui la traversent, de les rendre convergents de divergents qu’ils étaient, et de former ainsi un cône lumineux. Cette réfraction des rayons de lumière est un effet du ralentissement de leur marche dans l’épaisseur du verre . Eh bien, le son peut être pareillement réfracté, et il le sera si on lui fait aussi traverser une lentille qui retarde son mouvement. On réalise une semblable lentille, en remplissant un ballon léger de quelque gaz plus dense que l’air. On prend,, par exemple, un ballon de collodion B [fig. 5) rempli de gaz
Fig. 5.
acide carbonique, et dont l’enveloppe est assez mince pour
1 En se plaçant au sommet de lg. muraille intérieure du Colosseum de Londres, bâti— timent circulaire de 43 mètres de diamètre, M. Wheatstone trouva que chaque mot prononcé était répété un grand nombre defois. La plus simple exclamation produisait comme un éclat de rire, et la déchirure d’un morceau de papier comme le crépitement de la grêle.
2 Poggendorff's Annalen, vol. lxxxv, p. 378 ; Philosoph. Mag.,\o\. v. p. 73.
LEÇON I
n’opposer aucun obstacle sensible à la propagation des ondes sonores. On suspend une montre Y en arrière, près de la lentille, et en avant, à la distance de 12 à 15 décimètres, on place son oreille armée d’un entonnoir de verre f. En faisant varier la position de la tête, on parvient, sans de longs tâtonnements, à trouver le point où le son de la montre s’entend le mieux. Cette position particulière est le foyer de la lentille. Si on en écarte l’oreille, le son perçu s’affaiblit ; il en est de même si l’on écarte le ballon de sa position, parce qu’alors son foyer se déplace. On constate ainsi que la lentille fait entendre, dans la position convenable, le son clair et distinct du mouvement de la montre, et qu’on ne l’entendrait pas du tout, à la même distance, sans le secours de cet appareil.
Comment des ondes sonorespeuvent-elles être ainsi rendues convergentes ? La figure 6 nous le fera comprendre. Soit mn
Fig. 6.
une section faite dans la lentille acoustique, et ab une portion d’onde sonore arrivant à la lentille. Le point o de la ligne médiane de l’oncle est le premier qui rencontre la lentille; il la pénètre, et sa marche se ralentit. Pendant que les points extrêmes a et b se meuvent encore dans l’air pour atteindre la lentille, le point médian n, poursuivant sa marche dans un milieu plus dense, arrive en o' . L’onde est par consé-