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SONS MUSICAUX PRODUITS PAR LE CHOC

carte aux dents d’une roue qui tourne avec une certaine vitesse. L’expérience fut faite pour la première fois par Robert Hooke, que j’ai déjà cité 1 ; et, à une époque plus rapprochée de nous, elle a été répétée par Savart, l’éminent physicien français. Nous nous bornerons au mode de démonstration le plus usité parmi nous. Voici (%. 10) un gyroscope, instru-

Fig. 10.

ment formé principalement d’un anneau massif de cuivre à, dont le poids sert de surcharge à la circonférence

1 En juillet 1681, « M. Hooke démontra la production des sons musicaux et autres par des expériences sur des roues dentées ; quand les dents étaient également espacées, les sons étaient musicaux; quand les intervalles dés dents étaient inégaux, les sons étaient analogues à ceux de la voix.» ( Birth’s History of the Royal Society, p. 96, publ. en 1757.)

Le passage suivant est extrait de la vie de Hooke, mise en tête de ses œuvres pos-r thumes publiées par Richard Waller, secrétaire de la Société Royale. « En juillet de la même année, il (le docteur Hooke) indiqua le moyen de produire des sons musicaux et autres par le choc des dents de plusieurs roues en laiton, dont les nombres de dents étaient entre eux dans certains rapports, et que l’on faisait tourner avec beaucoup de rapidité. On constatait que des nombres égaux ou des rapports simples, par exemple de 2 à 1 ou de 4 à 3, produisaient des notes musicales, tandis que des nombres de chocs inégaux ou dont les rapports n’étaient plus simples rendaient des sons analogues à ceux de la voix parlée.

LEÇON II

d’un disque que traverse à son centre un axe délicatement suspendu à ses extrémités. On enroule autour de cet axe un cordon, et, le tirant vigoureusement, on imprime à l’anneau un mouvement de rotation très-rapide qu’il communique à la petite roue dentée c. J’effleure ses dents avec le tranchant d’une carte, et vous entendez un son musical excessivement aigu. J’appuie pour un instant mon pouce contre l’anneau, le mouvement se ralentit, et ce ralentissement s’annonce aussitôt par une modification du son, qui devient moins aigu. Si j’enraie davantage le mouvement, le son devient plus grave encore. Nous acquérons ainsi la première notion de ce fait important, que le son plus ou moins aigu, c’est-à-dire le degré d’élévation de la note, dépend de la rapidité des impulsions successives1. Quand le mouvement de rotation de la roue est près de s’éteindre, vous entendez distinctement les chocs des dents contre la carte; leur succession n’est plus assez rapide pour produire cette continuité d’impressions sans laquelle il n’y a pas de musique.

Une vis à tête saillante , fixée sur un plateau qui tourne avec une assez grande rapidité, produit, par les seuls chocs de sa tête contre le tranchant d’une carte, un son aussi net et aussi pur que celui de la roue dentée du gyroscope.

La génération des sons musicaux par des chocs répétés peut encore être rendue manifeste par l’expérience suivante : dans cet étau sont engagées deux lames de plomb parallèles, séparées par un intervalle d’environ 6 millimètres. Je place en équilibre sur leurs bords cette barre de cuivre, dans une direction transversale, et, par une légère pression sur une de ses extrémités, je la fais osciller comme une balançoire. Si ensuite je l’abandonne à elle-même, elle se remet au repos. Mais, si nous supposons que la barre , au

1 Galilée, remarquant que les dentelures de sa lame métallique étaient plus serrées et plus nombreuses lorsque le son était plus aigu, tira de ce fait la meme conclusion.

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