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SONS MUSICAUX DES BARRES CHAUFFÉES

contact du plomb , soit sans cesse soulevée par une force émanant du plomb lui-même, ses oscillations pourront alors se continuer indéfiniment. Or, cette force de soulèvement se réalise quand la baÉre a été préalablement chauffée : à chaque contact du plomb, elle lui communique une partie de sa chaleur, et le plomb, en se dilatant, détermine un soulèvement soudain de la barre ; il en résulte un balancement à droite et à gauche qui se continuera aussi longtemps que la barre sera suffisamment chaude. On peut d’ailleurs remplacer la barre de cuivre par quelque autre pièce métallique, même par une pelle à feu, comme l’indique la figure 1 1 .

Fig. 11

Dans ses oscillations, la barre frappe le plomb par petits coups, qui se succèdent assez lentement pour qu’on puisse les compter. Mais voici une pièce métallique de forme différente, qui vibrera avec plus d’énergie et fera que les coups se succéderont l’un à l’autre avec une rapidité plus grande. On pose le berceau (fig. 12) sur un bloc de plomb, et les chocs précipités font naître un bruit sourd que chacun peut entendre. Avec la pointe d’une tige, pressons le berceau contre le plomb, et la série des chocs, devenue plus rapide encore, engendre un son musical grave. Yoici un autre berceau qui oscille beaucoup plus rapidement que le premier et qui

LEÇON II

produit un son musical, sans autre pression que celle due à son propre poids. Si cependant je le presse en appuyant avec la tige, j’accélère ses vibrations, le son s’élève, et voici qu’il rend une note d’une force et d’une pureté remarquables, qui remplit la salle entière. Dès que je fais cesser la pression, le son tombe immédiatement. Si je presse de

Fig. 12.

nouveau, il s’élève aussitôt, et de simples modifications de pression suffisent à faire naître des variations de son trèsamusantes. Je remplace enfin ce second berceau par un troisième dont les vibrations sont encore plus rapides, et nous produisons des notes plus aiguës. Le son, cette fois, est obtenu moins aisément qu’avec le berceau précédent, et il varie plus capricieusement : tantôt c’est un son excessivement perçant qui, par intervalles, fait place à un son plaintif dont la note change d’un instant à l’autre. Au lieu du son mélodieux et plein du second berceau, nous avons un son aigre et suppliant, qui rappelle les cris d’un enfant maussade. Il n’est pas absolument nécessaire de recourir à des berceaux : prenons une pelle à feu dont le manche soit à faces polygo-

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