TON ET INTENSITÉ DU SON
au-dessous de l’ouverture, et le courant d’air sera intercepté. Cela posé, en faisant tourner le disque lentement, j’amène les trous successifs au-dessous de l’orifice du tube, et chaque fois qu’un trou se présente il y a une sortie ou souffle d’air. La vitesse de rotation est maintenant grande, les sorties de l-’air se succèdent rapidement l’une à l’autre, et les pulsations se fondent pour donner naissance à un son musical continu, entendu de tous. Remarquez comme la note change : quand on accélère le mouvement de rotation, le son devient de plus en plus aigu ; quand on le ralentit, le son devient plus grave. Si, au lieu d’un simple tube de verre, nous en adaptons deux, tels que la distance entre leurs orifices soit égale à la distance de deux trous contigus ouverts au-dessous d’eux, il est évident que , quand on soufflera à la fois par les deux tubes, il y aura deux pulsations ou sorties d’air par les deux trous consécutifs. L’intensité du son sera par là même augmentée, mais la note restera la même; les deux sorties ou pulsations d’air agiront de concert et produiront sur l’oreille une impression plus forte. Si, au lieu de deux trous, nous en avons dix, ou mieux si nous avons un tube circulaire ouvert au-dessus de chacun des orifices, l’air sortira à la fois par tous les trous du disque ; tous ces trous seront à la fois ouverts ou fermés; l’ensemble des pulsations rendra un son d’intensité beaucoup plus grand que lorsque les sorties alternées avaient lieu par un seul tube. Dans la disposition représentée figure 14, il y a neuf orifices de sortie et neuf tubes par lesquels l’air sort pour pénétrer dans les neuf ouvertures. Il y a à la fois neuf pulsations. En accélérant ou ralentissant le mouvement de rotation, on entend le son s’élever ou s’abaisser semblable aux gémissements d’un vent d’intensité variable.
On a eu encore recours à d’autres moyens pour imprimer à l’air un mouvement périodique. Ainsi, une corde tendue,
LEÇON II
qu’on écarte cle sa position d’équilibre et qu’on abandonne ensuite à elle-même, imprime à l’air des vibrations qui se
Fig. 14.
succèdent à des intervalles de temps d’une régularité parfaite. On obtient le même résultat avec un diapason. On fait glisser perpendiculairement aux branches du diapason un archet dont les crins, frottés avec de la colophane, ont acquis la propriété de gripper sur le métal. Les branches cèdent d’abord aux tractions exercées par les aspérités des crins et j s’écartent de leur position d’équilibre; mais bientôt leur résistance devient telle qu’elle l’emporte sur l’effort de l’archet, et elles reviennent subitement à leur première position. L'archet continuant son action, il se produit un nouvel j écart des branches, puis un nouveau retour à la position pri- j mitive, et ainsi de suite. Par la répétition de ces mouvements périodiques, les branches du diapason se constituent en état de vibrations intenses, et il en résulte une belle note musicale. Une personne placée tout près de l’instrument peut voir le diapason vibrer. Le sourd qui en approcherait assez la main sentirait le frémissement de l’air. J’amène maintenant la branche vibrante au contact d’une carte, et ses battements, communiqués à la carte, comme dans le cas du gyroscope, s’unissent pour former un son musical, en même temps que le diapason revient à l’état de repos. Il est