SIRÈNE DOUBLE DE HELMHOLTZ
H, et fait marcher d’une division l’aiguille qui lui correspond. Par conséquent, si, pendant la durée de l’expérience, la deuxième aiguille a marché de n et la première de n' divisions, le nombre des vibrations sera égal ànxlOO-f-^xS.
La sirène de Cagniard de Latour a reçu de M. Dove, de Berlin, des perfectionnements importants. Au bas un tuyau t introduit l’air dans un cylindre en laiton C, fermé à son sommet par une plaque de laiton invisible dans la figure. Cette plaque est percée de quatre séries de trous disposés suivant des cercles concentriques. La série intérieure contient 8 trous, la seconde 10,1a troisième 12, et la quatrième extérieure 16. Quand on souffle dans le tube l’air s’échappe à travers les orifices, et le problème à résoudre est de convertir les courants continus en pulsations discontinues. On y arrive par le moyen d’un disque en laiton de , percé aussi de quatre séries de 8, de 10, de 12 et de 16 trous aux mêmes distances du centre, et séparés par les mêmes intervalles que les trous de la plaque qui ferme le cylindre C. A travers le centre du disque c d passe un axe en acier, dont les deux extrémités p et p' sont amincies en pointe et bien polies. Le but à atteindre est de faire tourner le disque c e au-dessus de la plaque percée de trous qui ferme le cylindre C. Pour cela on a ménagé au centre de la plaque une cavité percée dans de l’acier finement poli, et destinée à recevoir l’extrémité inférieure p de l’axe ; on place dans cette cavité l’extrémité pu de l’axe vertical, et l’on installe sur son extrémité supérieure p une calotte en acier c, aussi très-polie à l’intérieur. L’axe est ainsi maintenu à son sommet et à sa base, et la pression qu’il supporte est si légère , le poli des surfaces en contact est si doux, qu’il peut tourner avec un frottement infiniment petit. En faisant tourner le disque d e plus ou moins lentement, on peut faire que ses trous coïncident ou ne coïncident pas avec
LEÇON II
ceux du cylindre placé au-dessous. A mesure que le disque tourne, ses orifices passent alternativement sur les trous du cylindre et sur les espaces pleins entre les trous. Il est évident par là que si l’on vient à insuffler de l’air dans le cylindre C, et si en même temps on fait tourner le disque, on atteindra le but, c’est-à-dire qu’on divisera le courant d’air en pulsations. Dans la sirène de Dove comme dans celle de Cagniard de Latour, le disque tourne sous la seule impulsion de l’air, qu’il a pour mission de rendre intermittent. Yoilà comment, dans son passage à travers la sirène, l’air est moulé en ondes sonores. Le mécanisme enregistrant est aussi le môme dans les deux sirènes, mais le cylindre C, de la sirène de Dove, porte sur un des cercles horizontaux de la surface quatre séries de tiges ou clefs, 7?2, 72, o, p , à l’aide desquelles chacune des quatre séries de trous percés dans la plaque qui ferme le cylindre peut être tour à tour ouverte ou fermée à volonté. En pressant sur 722, on ouvre une série ; en pressant sur n, on en ouvre une autre ; en pressant à la fois deux clefs, on ouvre deux séries de trous ; en pressant trois clefs, on en ouvrirait trois; en pressant enfin sur les qua • tre clefs, on ferait sortir simultanément les pulsations par les quatre séries de trous.
Faisons maintenant entendre notre sirène. En poussant la première clef, nous ouvrons la série de trous extérieurs du disque inférieur, et en faisant jouer le soufflet, nous lançons l’air contre les parois des trous obliques du disque supérieur, qui commence à tourner. Nous entendons une succession de souffles qui se suivent assez lentement pour qu’on puisse les compter. Mais à mesure que la vitesse de rotation devient plus grande, les souffles se succèdent plus précipités, et voici que nous entendons un son musical très-grave. La vitesse de rotation a encore augmenté, et le ton du son monte, il est en ce moment fort et plein. Si nous injectons