ALLONGEMENT ET RACCOURCISSEMENT DES ONDES
monter on baisser à volonté le ton du son rendu. On peut observer, à chaque station de chemin de fer, un effet de ce genre extrêmement instructif, au moment du passage d’un train de grande vitesse. Pendant qu’il approche, les. ondes sonores émises par le sifflet sont virtuellement ou équivalemment raccourcies, parce qu’il en arrive un plus, grand nombre à l’oreille, dans un temps donné. Quand il s’éloigne au contraire, les ondes sonores sont virtuellement ou équivalemment rendues plus longues. La conséquence de ce raccourcissement et de cet allongement sont que, lorsque le train approche, le sifflet rend un son plus aigu, et que lorsqu’il s’éloigne le sifflet rend un son plus grave que lorsque le train est au repos. On perçoit donc à chaque passage du train un abaissement de ton. Des expériences de ce genre ont été faites sur les chemins de fer hollandais par M. Buys-Ballot, et plus tard en Angleterre par M. Scott- Russel. Ce fait a servi de base à la théorie des étoiles colorées deDoppler.il admettait que toutes les étoiles en elles-mêmes sont blanches, mais que quelques-unes s’éloignent assez rapidement de nous pour qu’en subissant un allongement d’onde suffisant leur lumière devienne rouge ; tandis que d’autres se rapprochant rapidement subissent dans leur lumière un raccourcissement assez sensible pour les faire passer au vert ou au bleu. Cette théorie est extrêmement ingénieuse; mais son exactitude est plus que douteuse.
Nous avons étudié jusqu’ici la transmission des sons musicaux à travers l’air. Les sons sont aussi fidèlement transmis par les liquides et les solides. Pour le prouver je place ce verre à boire sur la table et je le remplis d’eau. J’excite le diapason pour le faire entrer en vibration. A l’exception des personnes placées très près de moi, aucune n’a la conscience du son qu’il rend. Le diapason est vissé sur un petit pied en bois que je plonge en ce
LEÇON II
moment dans l’eau, sans lui permettre de toucher les parois du verre. Vous entendez immédiatement un son musical. Voici un tube MN (fig. 24) d’un mètre, dressé
Fig. 24.
verticalement sur une table en bois AB. Le tube se termine en entonnoir, et je le remplis d’eau jusqu’au bord. Comme précédemment, je fais vibrer le diapason et je plonge son pied dans l’eau de l’entonnoir au sommet du tube, vous entendez tous un son musical. Je dois vous dire ici, par anticipation sur ce que nous prouverons plus tard, que dans cette expérience le véritable corps sonore est la table de bois AB ; elle est mise en vibration par le diapason, mais les vibrations lui sont transmises par V intermédiaire de l'eau.