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SONS MUSICAUX A TRAVERS LES SOLIDES

le son s’éteint. Les sons du piano ressemblent tant à ceux de la harpe, qu’il est difficile de se défendre de l’impression que la musique que l’on entend n’est pas celle de ce dernier instrument. Une personne sans éducation croirait bien certainement à l’intervention d’un sorcier dans cette transmission si merveilleuse.

Quel curieux transport d'action se présente ici à notre esprit! Au commandement de la volonté de l’artiste ses doigts abaissent les touches du piano, les marteaux frappent les cordes, qui transforment en vibrations sonores les chocs purement mécaniques. Ces vibrations sonores se communiquent à la table d’harmonie du piano. Sur cette table pose l’extrémité de la baguette de sapin amincie sur ses bords pour qu’elle passe plus facilement entre les cordes, aussitôt les pulsations rapides et confuses des dix doigts entrent par ce bord dans la baguette et sont conduites par elle avec une précision infaillible. La baguette à son tour communique à la table d’harmonie de la harpe les vibrations qu’elle a si bien conduites. Cette seconde table d’harmonie transmet le mouvement à l’air, sous des formes ou arrangements de molécules si transcendants et si complexes qu’on ne saurait attendre que de la confusion de ces mille ondes sonores qui se choquent et se heurtent en tous sens. Mais la merveilleuse oreille humaine est là apte à vibrer à l’unisson de toutes ces formes de mouvements si diverses. Et voici que Ja lutte, le combat et la confusion se traduisent dans le cerveau en musique et harmonie x.

1 Dans cette expérience, on peut remplacer le piano par une simple boîte de musique.

RESUME DE LA LEÇON il.

Un son musical est produit par des chocs sonores qui se suivent à des intervalles réguliers avec une rapidité suffisante.

Le bruit est produit par une succession irrégulière de chocs sonores.

Un son musical peut être produit par des coups qui se suivent rapidement et. régulièrement. Les chocs d’une carte contre les dents d’une roue qui tourne sont souvent employés pour mettre ce fait en évidence.

Un son musical peut encore être produit par une succession de souffles ou bouffées d’air. La sirène est un instrument qui sert à engendrer ces souffles.

Le degré d’élévation d’une note musicale ne dépend que du nombre des vibrations exécutées dans un temps donné . Plus les vibrations sont rapides, plus la note est élevée.

Au moyen d’une sirène, on peut déterminer la vitesse de vibration d’un corps sonore quelconque. Il suffit de faire monter le son de la sirène à l’unisson du ton du corps, de maintenir l’unisson quelque temps, et de lire sur le compteur annexé à la sirène combien il s’est produit de souffles pendant ce temps. Le nombre des souffles est celui des vibrations accomplies par le corps sonore.

Lorsqu’on fait vibrer un corps qui émet un son musical, par exemple un diapason, il se produit dans l’air environnant des ondes sonores, dont chacune se compose d’une condensation et d’une raréfaction .

La longueur de l’onde sonore se mesure de condensation en condensation, ou de raréfaction en raréfaction.

On obtient la longueur de fonde sonore en divisant le chemin parcouru par le son dans une seconde par le nombre de vibrations exécutées dans cette seconde.

C’est ainsi qu’on trouve, par exemple, qu’un diapason qui vibre 256 fois par seconde produit dans de l’air à 15°, où la vitesse du son est de 341m,3 par seconde, des ondes dont la longueur est de lm,320 ; tandis que deux autres diapasons, vibrant respectivement 320 fois et 384 fois par seconde, engendrent des ondes dont les longueurs sont lin,066 et 0m,889.

Une vibration, telle qu’on la définit en Angleterre et en Allemagne, comprend à la fois un mouvement en avant et un mouvement en arrière. En France, on appelle vibration un seul de ces deux mouvements, c’est-à-dire une moitié de vibration anglaise. La vibration complète des Allemands et des Anglais s’appelle aussi oscillation ou ondulation; la vibration française n’est qu’une demioscillation ou une demi-ondulation.

RÉSUMÉ DE LA LEÇON II

Le temps exigé par une molécule d’air sur laquelle passe une onde sonore pour exécuter une vibration complète, est le temps qu’emploie l’onde à parcourir un espace égal à sa propre longueur,

Plus la'température de l’air est élevée, plus l’onde sonore a de longueur pour une même vitesse de vibration . Etant données la longueur d’onde et la vitesse de vibration, on en conclut facilement la température de l’air.

L’oreille humaine ne perçoit les sons musicaux qu’entre certaines limites. Si le nombre des vibrations par seconde est de moins de 16, l’oreille ne perçoit que des chocs séparés. S’il est de plus de 38 000, l’oreille ne perçoit plus aucun son. Les sons perceptibles aux meilleures oreilles forment une échelle d’environ 1 1 octaves, mais les organes auditifs qui ne perçoivent que 6 ou 7 octaves ne sont pas très-rares.

Les sons véritablement admissibles en musique sont produits par des vibrations comprises entre les limites de 40 à 4000 vibrations par seconde. Ils embrassent 7 octaves.

La puissance de perception ou la portée de l’oreille dépasse de beaucoup celle de l’œil, à peu près limitée à une octave.

Au moyen de la trompe d’Eustache, qui s’ouvre dans l’acte de la déglutition de la salive, on parvient à faire que les pressions sur les deux faces du tympan soient inégales.

On peut rendre l’oreille insensible aux sons les plus graves en condensant ou raréfiant l’air derrière la membrane du tympan.

Quand un train de chemin de fer s’approche de nous, le son du sifflet de la locomotive nous paraît plus aigu que lorsque la locomotive est en repos ; le contraire a lieu quand le train s’éloigne de nous.

Les sons musicaux peuvent être transmis par les liquides et les solides ; ils peuvent l’être d’une chambre à une autre, du rez-de-chaussée au grenier d’une maison de plusieurs étages, sans être entendus dans les chambres ou les étages intermédiaires ; une longue solive peut suffire pour opérer cette transmission.

LEÇON III

Vibrations des cordes. — Comment on les emploie en musique. — Influence des tables d’harmonie. — Lois des cordes vibrantes. — Leur mise en évidence sur une grande échelle. — Combinaisons des impulsions directes et réfléchies. — Ondes stationnaires et progressives. — Nœuds et ventres ou segments vibrants. — Expériences de M. Melde. — Cordes mises en vibration par des diapasons. — Lois des vibrations ainsi démontrées. — Tons harmoniques des cordes. — Définition du ton, du timbre ou de la qualité du son des tons harmoniques. — Extinction de certains tons harmoniques. — Conditions qui affectent l’intensité des tons harmoniques. — Examen optique des vibrations d’une corde de piano.

Le but de cette leçon est d’étudier les vibrations des cordes ou des fils métalliques, d’apprendre comment les corps de cette forme peuvent devenir des sources de sons musicaux, et de découvrir les lois de leurs vibrations.

Pour qu’une corde puisse vibrer transversalement, il faut quelle soit tendue entre deux points fixes. La figure 25 représente l’instrument ordinairement employé à tendre les

Fig. 25.

cordes de manière à faire entendre leurs vibrations. Partant d’un crochet auquel elle est solidement attachée, la corde AB passe sur les chevalets C et D, et s’engage ensuite dans la gorge d’une poulie libre autour de son axe ; elle est finalement tendue par un poids D de 1 4 kilogrammes suspendu à sa seconde extrémité. Les chevalets C et D, qui déter-

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