VIBRATIONS TRANSVERSALES DES VERGES LIBRES
tes. Il est facile de le réaliser sur cette règle de bois longue de deux mètres. La tenant entre le pouce et l’index des deux mains, en deux points distants d’un tiers de mètre de ses deux extrémités, puis l’ébranlant ou la frappant à son centre, de manière à la faire vibrer, on voit que le segment du milieu forme un fuseau ombré, tandis que les deux segments extrêmes s’épanouissent en éventail. Projetée sur l’écran, l’ombre de la règle met beaucoup mieux en évidence ce mode de subdivision et de vibrations des parties subdivisées. Dans ce cas, la distance des deux nœuds aux extrémités de la règle est à peu près le quart de la distance entre les deux nœuds. Dans son second mode de vibration, la règle est partagée par trois nœuds en quatre segments vibrants. Ces deux modes sont représentés 1 et 2 (fig. S3). Les lignes ponc-
Fig. 53.
tuées aa ' bb' (1), cd dd! (2) montrent comment, dans le premier et dans le second mode de division de la barre, les segments se courbent alternativement en haut et en bas. Le son le plus bas d’une verge libre à ses deux bouts est plus élevé que le son le plus grave de la même verge fixée à l’une de ses extrémités, dans le rapport de 4 à 25. En commençant par le cas plus simple de deux nœuds, les nombres de vibrations de la verge libre augmentent dans la proportion suivante :
LEÇON IV
Nombre des nœuds, 2, 3, 4, 5, 6, 7.
Nombres aux carrés desquels les nombres de vibrations sont approximativement proportionnels . . 3, 5, 7, 9, 11, 13.
Nous retrouvons ici la même élévation rapide de ton que nous avons déjà signalée dans les deux cas précédents.
Pour les applications à la musique, on n’utilise que les vibrations des verges libres à leurs deux extrémités. En réunissant de simples lames de bois de longueurs, de largeurs et d’épaisseurs différentes, par une même corde qui les traverse à leurs nœuds, on réalise un instrument très-primitif, le claque-bois des Sauvages, AB ( fig . 54). Fixant un
Fig. 54.
des bouts des cordes à un crochet et tenant l’autre bout dans la main gauche, on frappe avec la main droite, armée d’une baguette, sur la série des lames, et l’on produit une succession agréable de sons musicaux. Au lieu de les relier par une corde, on peut simplement faire poser les lames par leurs nœuds sur des cylindres de paille tressée ; l’instrument prend alors le nom de violon de paille. Chladni nous apprend qu’on l’introduisit dans l’opéra de La Flûte enchantée de Mozart, pour imiter le jeu des cloches.